2 janvier 2026 / Van Basten venait de marquer l’un des plus beaux buts de l’histoire des finales, Mitterrand prolongeait l’espérance déjà bien rassis, Desproges nous laissait orphelin, et moi, je dansais mal le temps d’un été sans eau, dans des bals d’été senteur monoï sur Voilà les Anges. Le nom du groupe Gamine, et de son chanteur Paul Félix. Je suis 37 ans plus tard, je viens de regarder un spectacle de Gaspard Proust en me disant que Desproges me manque, je ne sais plus qui est le président de la République, ou je préfère l’oublier, le football n’a de charme que dans les divisions inférieures, et Paul Félix revient après plus de 30 ans de silence radio (je ne vais pas vous faire le cheminement, mes confrères le font très bien, et ce serait perdre du temps,celui-ci file tellement vite).
Allons y tout de go, et saluons Going to Limoges (quel titre !) comme une collection de pop song d’orfèvrerie made in France. Abreuvé par les Beatles ou les Beach Boys, Paul Felix sait, grâce à son expérience, s’en détacher suffisamment tout en jouant parfaitement avec ses références, habillement accompagnées par des interprétations et des arrangements qui oscillent entre les splendeurs du regretté Eliott Smith et les incongruités solaires de Stephen Jones. On parle du grand soir, de la filiation, toujours avec finesse (on goûtera peut-être moins cette Tendresse trop frontale) et on invite Verlaine ressuscité par Léo Ferré. Et puis il y a ce chant, cette voix qui sait capter l’émotion sans jamais grossir le trait, donnant au frisson le droit de trouver une seconde jeunesse.
Finesse d’écriture combinée à une interprétation à l’apogée de quelque chose qui ressemble à la perfection, il n’en faut pas plus pour nous faire plus de trente après voir les anges entamer une ronde autour de nous, comme une couronne de bienveillance que Paul Félix semble vouloir poser sur nous dans un grand élan créatif et artistique. Élégance pop.
Mayflower Madame