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La voix de Florence Shaw (forcement fan de Suzanne Vega, qui ne le serait pas d’ailleurs ?), les choeurs d’un Baxter Dury humble et modeste, et le son grungy-choupi de Shopping qui collaborerait avec les Pixies. Dry Cleaning égale un fuckin’ groupe : it’s a fuckin’ band. J’adore ce qu’ils font. Piano Magic leur a inspiré un "Let Me Grow And You’ll See The Fruit" (cinquième morceau de cet album déjà épuisé). Tout à fait le genre de titre que Piano Magic aurait pu tracer sur une de ses ballades. Totalement fan de Dry Cleaning, qui n’a pourtant pas grand-chose à voir avec un nettoyage à sec.

La présence d’une maman généreuse et moelleuse à notre chevet, douce comme un plaid propre et tout duveteux sorti des rayons de Bouchara pendant les fêtes (« Ça va, Albertine ? » Ouais, ouais, j’ai juste beaucoup trop dormi, ça me rend débile. « Ah, ok ». ) c’est ce que l’album Secret Love nous chuchote en rêve.

Pendant que Dry Cleaning susurre de telles promesses à nos oreilles affublées d’un incroyable casque parce que trop de thunes parce que chroniqueuse milliardaire comme tant de happy few, un saxo s’envole et souffle de longs soli encore plus envoûtants que la texture du plaid Bouchara. Les chœurs se font pressants - si seulement Ralfe Band sortait un disque en 2026, aussi unique et rare que leur album de 2023 . Haaaa, si seulement… - c’est qu’il fait froid sur Brest ce matin. Un type s’escrime à tronçonner un grand sapin, un de plus qui va tomber pour le compte d’une copro mesquine comme celle qui fit abattre l’eucalyptus l’autre jour. Les étourneaux y nichaient en trop grand nombre, disaient-ils. Et si quelqu’un se demandait, un jour, un matin ou un soir, pourquoi les étourneaux foisonnent-ils dans les villes ? Plutôt que de faire abattre des arbres, trouver la cause, remonter à la source secrète d’un si curieux manège.

La copro a gagné. C’est peut-être ça le nettoyage à sec, et peut-être une des raisons pour lesquelles il devient nécessaire d’écouter Dry Cleaning ce matin. Cet amour secret, ce Secret Love, cet album paré de mille-et-uns secrets, gardons-le pour nous si vous le voulez bien - partageons-le seulement si nous sommes entre happy few : public fiable et digne de si douces confidences. Et fuck la copro qui fait venir des mecs à 8 heures du mat’ pour tronçonner des pins majestueux et pour faire déguerpir les étourneaux vers des lieux plus éloignés que nos parkings résidentiels. Seules restent le froid, le souffle, et cette musique.




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