29 janvier 2026 / Mini-hype : justifiée ? L’un des avantages indéniables du format EP, outre que – dans une discographie – ça ne compte pas vraiment et que dès lors l’on peut y caser des morceaux faiblards, des versions live et autres reprises décalées, c’est qu’il permet aux artistes dont la ligne directrice est un peu floue d’explorer, d’expérimenter, de se chercher et, parfois, se trouver. Il en va ainsi de So Much Country ’Till We Get There, le deuxième EP des Westside Cowboy qui, comme leur patronyme ne le laisse pas deviner, nous viennent de la brumeuse Manchester, et dont l’inaugural This Better Be Something Great avait l’été dernier émoustillé la blogosphère, et ce jusqu’à Pitchfork, qui les avait programmés dans le cadre de leur festival parisien. Même si le charisme vocal de la bassiste Aoife Anson O’Connell emporte l’adhésion, notamment sur l’introductive lamentation Strange Taxidermy – lent crescendo bourdonnant, organique, bouillonnant ; la transe par la monotonie harmonique, jusqu’au salvateur et brillant climax ; croisement entre The Velvet Underground et Porridge Radio –, le reste paraît relativement indécis, comme si le quatuor ne savait pas quel costume endosser. Est-il un groupe de post-punk marchant sur les traces de Bloc Party et des Strokes ? (Cant’ See ; Don’t Throw Rocks) ? Se rêve-t-il réincarnation des affreux Soup Dragons (le jangly-grungy pop The Wahs) ? Se fantasme-t-il donnant – en 1961 – un concert au Gaslight Cafe (la rengaine country folk vintage In The Morning, réconciliation de Joan Baez et Bob Dylan) ? Difficile de trancher, d’autant plus que quand le guitariste Reuben Haycocks se fait lead singer, l’interprétation manque cruellement de relief : les gars, il faudra penser à laisser les clefs du camion à Aoife. En attendant un premier album qui ne saurait tarder (il faut battre le fer tant qu’il est chaud), on met au frais notre enthousiasme et on le sortira le moment venu. Champagne ou mousseux ? On verra bien.