3 février 2026 / « Une pop aussi solaire que labyrinthique ». C’est avec enthousiasme qu’en 2021 nous évoquions June (Phase 1), le premier EP de Full Moon Little House, projet mené – de main de maître – par le multi-instrumentiste Kévin Navizet. Après un album inaugural publié il y a deux ans (Funeral), le Lannionais nous revient, avec le capiteux Death In Paradise, soit dix compositions majestueuses, planantes et mélancoliques, oscillant entre M83, Archive et Radiohead. Accompagné par le claviériste Stéphane Bilger (claviers), le bassiste Yan Rospabé (basse) et le batteur Baptiste Le Soliec (récemment croisé au sein de Stade), Kévin Navizet brode des ballades amples, nimbées de réverbération, de saturation brumeuse et de digressions hypnotiques, à l’instar de la tournoyante Kings In The Haze, sur laquelle on croirait entendre un bien désabusé David Bowie, ou du slow funéraire Wolf, brouillard de notes arpégées se fondant dans un magnétique pont electro – puissant. Textures shoegaze (Death In Paradise), frontalité electroclash (Underground), transe kraut (Silver & Gold), FMLH ne s’interdit rien et – porté par une production léchée rappelant AaRON – lorgne du côté de The National (la mélopée The Reach) ou Ratatat (77 Echoes). Se concluant sur la nuageuse ritournelle nuageuse Mothership, l’ambitieux Death In Paradise n’est pas né pour rien sous le ciel armoricain – spleen sans équivoques, mais porteur d’un ébouriffant souffle vital : la lande, battue par le vent, la lande devient le vent, et alors tout s’envole, y compris le mauvais temps.