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Nous avions rencontré E.R.Jurken avec un premier album I Stand Corrected, disque autarcique à la thématique quasi-christique. Le voici de retour avec To Be Continued (titre accueillant car annonciateur d’une suite). Fini l’enregistrement en catimini, Ed est ici accompagne par le groupe Junegrass, trio de Chicago qui donne ce disque des allures de Divine Comedie (In Monterrey). Les chansons baroques, produites par un binôme composé de Mark Greenberg et Rian Murphy, retracent les cinq dernières années de nos vies (nous sommes depuis quelques années dans une espèce d’accélérateur de particules qui n’est pas sans laisser des traces sur nous) et de la vie intime d’Ed, pas épargné par les affres des convulsions du quotidien quand l’amour décide de vous jouer de mauvais tours. Ed est tel un Alec Ounsworth touche-à-tout qui se baladerait entre rock et country (I do) avec ce petit quelque chose d’un David Byrne espiegle (Morning Paper une chanson pour l’Éternité tellement elle coche toutes les cases de la mélodie parfaite et de l’interprétation divine) et ce don coloriste des morosités ambiantes ou de quotidien. De Main Man qui cavalcade sur des chevaux fous à Mighty and Concealed qui rivalise avec maestria avec les pop songs ourlés de Neil Hannon en y ajoutant quelque chose qui s’apparente à de la perfidie, comme pour conjurer les sorts en tentant de les surprendre aux grès des aspérités joyeuses. Conteur à l’instar d’un Will Oldham de bonne composition (All the Way to Georgia), poète de l’ellipse sur A Good Place to Fall et magnifique épilogueur sur un To Be Continued qui ne ferait pas tache pour le générique de fin d’un documentaire sur les Monty Pyton. Grand disque pop de ce début d’année, ce nouvel opus de E.R. Jurken est la preuve que Nicolas Flamel a trouvé un nouveau disciple qui transforme les affres du monde en mélodies et chansons en or.




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