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Derrière ce nom qui évoque instantanément les grands espaces et l’évasion, ne se trouve pas un chapter de bikers rivaux des Sons Of Anarchy mais bien un groupe de musique qui signe ici sons troisième album, les deux précédents étant passés totalement sous nos radars.

Pourtant, certains noms qui le composent auraient dû plus tôt attirer notre attention notamment Whitney Johnson croisée chez Circuit des Yeux et encore plus peut-être Steve Shelley batteur de Sonic Youth. S’ajoute également Cory Plump et Matthew J. Rolin aux guitares, le multi-instrumentaliste & arrangeur Fred Thomas et Lonnie Slack.

Venant de villes et d’horizons musicaux différents le groupe créé “en distanciel” comme on le dit depuis 2020, et sur une logique d’improvisations successives et séquentielles au fil des échanges de fichiers, a, une fois la possibilité de se rencontrer concrétisée, accentué la structure de leurs compositions, démarche qui se concrétise pleinement sur Desert So Green.

Pour autant, le groupe a conservé cette logique de superpositions, ou de couches successives d’influences qui, bien que présentes en trame de fond forment un ensemble, propre, autonome à lui-même qui, in fine, ne peut complètement s’y rattacher.

Cela évoque, dans le domaine de la peinture que les titres de certains morceaux évoquent assez naturellement, le travail de Gerhard Richter sur ses toiles abstraites réalisées au racloir. Chaque couche de couleur est présente, puis aussitôt totalement ou partiellement transformée par l’application de la suivante, qui s’y mêle, s’y superpose pour un rendu final à l’impact sensoriel unique.

Canvas 11 à la progressivité en tension retenue offre une rampe de lancement idéale vers Canvas 2, qui, en s’appuyant sur la montée en puissance de la section rythmique et la voix féminine légèrement distante avant que la puissance ne se libère totalement à la moitié du morceau, concrétisant ainsi un titre imparable.

Cette même logique, de montée en puissance progressive, de libération d’énergie brute et de saturation sur des bases ici psychédéliques, là krautrock, slowcore ou punkrock, se retrouvera sur Bird Spells un peu plus loin, mais surtout sur le phénoménal More Frog Poems et l’envoûtant Beautiful Holy Jewel Home qui conclue un enchainement de quatre titres absolument impeccables.

Le groupe réussit tout autant les approches plus directes en mode uppercut au menton sur le libérateur et brutal Speed Table ( quelle son de batterie…) ou en mode catchy sur I see Poseurs Every Day.

Winged Wheel signe ainsi avec Desert So Green un disque à l’ampleur folle qui balaie large les influences avec une maitrise et une richesse passionnante, un de premiers tableau de maître de l’année 2026.

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