> Critiques > Labellisés



Ébouriffant. A sonder la folle énergie – exubérante, érudite, instinctive – déployée par Charlène Moura et Marek Kastelnik, l’on s’intrigue d’entendre à quel point, avec si peu, quatre mains virtuoses, deux bouches agiles, les Toulousains savent bâtir des univers complexes, fluides, aventureux : volières sans grillage ? Faisant suite à l’inaugural Déplumé (2022), Vertiges de la mue s’ouvre sur le monumental La cérémonie, soit dix chamaniques minutes durant lesquelles se croisent, dialoguent et s’entremêlent piano et saxophone, dans un lent crescendo tout à tour jazzy, orientalisant, lounge et disco (!!!), agrémenté de pépiements et de ponctuations vocales étranges. A Marek le piano, préparé ou non ; à Charlène le saxophone, les bruitages, les circonvolutions chantées et – grande nouveauté (mue ?) – la batterie, qu’elle joue sans se poser de questions, apportant sur certaines compositions un mood kraut-rock (La vie rêvée des aigles) ou jungle (le final de la ritournelle Faucon toucan). Si l’instrumentarium semble réduit, rien de minimaliste chez L’Oiseau Ravage. Le cinématographique Rosa Bonheur et sa mélodie addictive trouveraient sans peine leur place dans un film romantique 70s de Claude Lelouch, tandis que le trip-hop Poule d’or nous joue un western lyrique dans une basse-cour et que la ballade psychédélique Soleil de plumes se pare d’une légère touche horrifique – théâtralité ludique, qui va jusqu’à musicalement imiter, sur un Piou quasi hip-hop, la dodelinante démarche d’un poulet, mais n’en occulte pas la mélancolie d’un disque souvent bourdonnant. L’Oiseau Ravage est le phénix des hôtes de nos bois underground.




 autres albums


aucune chronique du même artiste.

 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.