8 mars 2026 / 17 minutes chrono. Voilà comment on pourrait rebaptiser le nouvel EP de Great Panic Roger, duo dijonnais composé d’Arnaud Tock (chant, guitare) et de Florian Desvignes (batterie). Car Anger Box ne fait pas dans la dentelle. Pas de détours, pas de chemins de traverse : cinq titres sous pression, un EP bouillant et obstiné qui ne lève le pied que pour se garer brièvement sur une hypothétique aire de repos, et encore.
Ouvrir le disque avec Disappointed, c’est presque jouer avec le feu : le genre de morceau qui pourrait donner envie de rester bloqué là, à tourner en boucle. Pas vraiment un track turner tant ce cri de rage refuse de vous lâcher. Une incompréhension amoureuse fracassée contre un mur, qui vibre encore dans les gravats.
Mais il serait criminel de s’arrêter là. Comment ne pas avoir, a posteriori, quelques sueurs froides à l’idée d’être passé à côté de Get Back on My Feet, collision frontale entre James Murphy et Idles, ou de Good to Be Here, où l’after-punk semble renaître de ses cendres après une mutation génétique particulièrement agitée ?
Énervé, oui, mais jamais brouillon : Anger Box garde toujours un cadre séduisant, parce que puissant et dansant. Rose le prouve, injectant dans la colère une pulsation quasi euphorique. Le duo prend finalement congé sur Stuck, final étonnant qui ne brouille pas les pistes mais agit comme un sas de décompression, (relative, la décompression). Une dernière déflagration que même un Jack Bauer au sommet de sa forme aurait peut-être choisi comme bande-son pour accompagner sa fin inévitable.
Anger Box porte parfaitement son nom. Mais derrière la fureur, il y a surtout cette étrange jubilation qui donne envie d’y revenir, encore et encore.
Décapant.