8 mars 2026 / Pas du tout, mais alors pas du tout inspirés, les Silversun Pickups, dont le septième album a pour seul intérêt de nous rappeler l’existence du combo angeleno. Un peu triste. J’avais pourtant adoré l’inaugural Carnavas, publié en 2006 et qui – en dépit d’une absence totale d’originalité – faisait feu de tout bois : épiques, fiévreuses, gorgées de saturation, les chansons du quatuor formé par le guitariste Brian Aubert et la bassiste Nikki Monninger s’avéraient furieusement mélodiques, tout autant qu’indie-référencées – l’on avait affaire à une hybridation, teintée de shoegaze, entre les Pixies et The Smashing Pumpkins, magnifiée par l’incontournable Lazy Eye. Sommet artistique à partir duquel, même si l’opus suivant restait honorable (Swoon, 2009), le quatuor entamait une lente régression critique et commerciale, qui à compter de 2015 les verra sombrer dans un anonymat relatif et fonder leur propre label – liberté parfois contrainte que l’autoproduction. Si l’on s’en tient à New Wave, qui ouvre leur nouvel opus, le panache est toujours là : dès l’ouverture, tel un Bono de la grande époque, Brian s’époumone – avec une imparable justesse – tandis qu’au loin enflent vagues de distorsion réverbérées, en un lent crescendo électrique qui – las – s’achèvera sur une grève déjà bien trop stérilement arpentée par Billy Corgan – l’ombre maléfique des Silversun Pickups, à qui il a refilé le virus des riffs de guitare lourdingues, des rythmiques pataudes et du lyrisme bon marché. Il serait facile d’incriminer Butch Vig, producteur peu réputé pour sa finesse (l’équivalent musical du réalisateur Simon West), puisque l’énorme point faible des dix morceaux de Tenterhooks se situe au niveau de l’intention. Parce que oui, pourquoi Brian chante-t-il comme Michael Jackson sur le slow groovy Witness Mark ? Et pourquoi Au Revoir Reservoir évoque-t-il un Billy Jean teinté de hard rock 80s ? Je veux dire, lorgner du côté de Muse (le refrain de Thorns and All) ou de Soundgarden (le poussif Interrobang), pourquoi pas, ça reste du rock, mais que vient faire feu Bambi dans ce marasme ? Ou plutôt : est-ce que l’album Bad est devenu une référence underground ? Bref, à questions stupides, point de réponse, je suppose que ça se passe uniquement dans ma tête. Et puis tout n’est pas à jeter : le refrain lumineux de The Wreckage, l’étrange cavalcade country shoegaze Long Gone, le passage en mode mineur sur le conclusif Hot Wired - morceau qui par ailleurs sonne le plus Silversun Pickups. Des miettes.
Boreal Wood
Bella & Columbus