9 avril 2026 / All is full of groove. Sixième album pour les Canadiens de Holy Fuck, adeptes d’une électro naturaliste, libérée des carcans du métronome et autres contraintes liées à l’utilisation des ordinateurs. Ici, on joue live, les jams s’enrichissent de collages sonores, les séquenceurs crépitent, les boucles déraillent, les fausses notes s’assument, le beat règne en maître. Rien d’original, mais une musicalité dingue. Le bien nommé Event Beat puise ses racines dans les nineties anglaises (psychédélique, Elevate évoque Underworld ou Orbital), le revival dance-punk de la décennie suivante (mood LCD Soundsystem sur Czar) et l’indietronica geek – l’acidulée Evie a la souplesse raide d’un Hot Chip en pleine montée de sève. La revanche des nerds. À partir d’une solide base krautfunk, les vétérans Brian Borcherdt et Matt McQuaid se permettent des incursions dans le dub, le rock garage (Broken Roots, fluidité rythmique très Black Keys) et le post-punk (Ice Box, impossible de ne pas penser à The Fall), s’amusent avec l’autotune (Seven, minimalisme robotique), ravivent le souvenir de Suicide (Aerosol) puis invitent leurs amies Mairi Chaimbeul (harpe) et Sahara Jane Nasr (sārangī) à gribouiller des good vibes sur les compositions les plus planantes. Parce que oui, le quatuor aime parfois à se poser en bord d’autobahn pour rêvasser sous la nuit étoilée. Franchement cool.