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Fatale distraction, épisode 53. N’ayant tiré aucune leçon de ma récente confusion entre les Cardinal de Boston et les Cardinals de Cork, c’est avec plaisir que je me lance dans l’écoute du nouvel album des Twilight Singers. Ah, Greg Dulli, tu m’avais manqué ! Et les Afghan Whigs, c’était tellement, tellement, tellement la classe… Un truc qui m’intrigue, c’est la signature chez Rock Action, le label fondé par Mogwai. Why not ? Dès les premières mesures de Get Away From it All, le lyrisme échevelé de cette orageuse ballade, dont la charge émotionnelle s’accompagne d’une densité sonore à la hauteur (piano dramatique, roulements de batterie, poing vers le ciel ; la grosse artillerie est de sortie), je comprends mon erreur et me remets dans le droit chemin. Let’s go to Scotland, patrie des vénérables Twilight Sad, formés en 2003 à Kilsyth et auteurs d’une poignée d’albums, qui leur ont valu un certain succès… au pays de Braveheart, l’opus It Won/t Be Like This All the Time (2019) atteignant même la première place des charts. Mené par les membres fondateurs James Graham et Andy MacFarlane, le quatuor se distingue par des compositions bâties sur des boucles d’accords simples (simplettes ?) et l’empilement – jusqu’à la saturation – de couches sonores qui, telles des vagues d’amertume, s’écrasent sur nos falaises sentimentales. Invitation à l’hypnose, donc, à la contemplation, à la transe par la répétition, mais également à la grandiloquence romantique, celle de Byron, Chateaubriand ou Caspar David Friedrich. Promesse de krautrock et de shoegaze qu’It’s The Long Goodbye ne tiendra pas, The Twilight Sad s’avérant trop occupé à chasser sur les terres des Smiths (la bouillie popgaze Chest Wound to the Chest), des Cure (la longue introduction de Dead Flowers), de Depeche Mode (Inhospitable/Hospital) et même de ces braves U2 (Waiting for the Phone Call), toutes références convoquées en vain – l’on pensera plutôt aux dispensables The Bravery, éternels seconds couteaux indie-rock des 00s. Épique, mais stérile. Quelques gimmicks post-punk (Designed to Lose), une pincée d’électro cheap, mais surtout des mélopées-tunnel, en veux-tu en voilà – larmoyantes, monotones, interminables, à l’image de celles composées par Robert Smith sur l’éprouvant Songs of a Lost World. Pas pour rien que le leader des Cure, admirateur déclaré des Twilight Sad, les aurait – en bon camarade de noirceur – conseillés durant la délicate élaboration de It’s The Long Goodbye. Mais voilà, certains adieux sont bien trop pesants, on les abrégera donc, sans culpabiliser.




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