9 avril 2026 / Et si le plus beau casting d’Isild Le Besco n’était pas celui des films qu’elle réalise, mais bien ce disque, aux mots simples, précis, chargés d’images qui longtemps résonnent ? A Isild les textes, à Andréel la musique, intemporelle, teintée de jazz et d’easy listening – guitares caressantes, piano arpégé, cordes et clarinette –, évoquant l’âge d’or de la chanson française tout autant que la bande sonore des romances amères de Claude Lelouch. S’ouvrant sur la complainte mélancolique Tu sais mon bonheur, interprétée par une Josiane Balasko en retenue, dont la scansion rappelle celle de Barbara, Les Mots – derrière une apparente douceur – est une œuvre sans concessions, appelant à regarder les choses en face, quitte à dissoudre les mirages. Et puis, belle émotion que d’entendre Émilie Dequenne, son chant clair – récemment disparu – illuminant le chaloupé Les murs de notre maison, infusé de bossa-nova. L’on retrouve également Maria de Medeiros sur l’enthousiaste comptine Au sommet de la montagne, ainsi que Sandrine Bonnaire sur la ritournelle Ma maison c’est toi, lente vague qui en un crescendo apaisé enfle jusqu’à délicatement se poser sur le sable mémoriel. Mention spéciale à Judith Chemla, voix feutrée, fêlée, feulant durant les notes longues, elle habite divinement bien la mélopée jazzy Nos livres qui dansent. Laëtitia Eïdo, Léonor Graser et Marianne Denicourt complètent la distribution d’un album émouvant, parce que creusant l’intime, se situant à mi-chemin entre chanson et poésie sonore.
Narco Terror
Mortelle Randonnée