18 mai 2026 / Guitariste de studio particulièrement recherché, lauréat aux Victoires de la Musique, arrangeur pour Patricia Kaas, Florent Pagny ou Michel Jonasz, c’est à Los Angeles que Kamil Rustam s’installe en 1996, pour vivre – enfin – son rêve américain. Un rêve infusé de funk, de soul et de gospel, qui se concrétisera avec l’album instrumental Cosmopolitain (2017) : à force de côtoyer le gratin du groove de luxe, de Stevie Wonder à John Mayer, en passant par B.B. King et Aaron Neville, le natif d’Amsterdam ne pouvait que célébrer les registres qu’il affectionne tant, au point d’en proposer une seconde fournée, sur laquelle il invitera des vocalistes de haute volée, dont le centenaire Billy Valentine, radieux – sa performance, suave et néanmoins féline, assouplit un I Wanna Dance aux arrangements millimétrés, sur lesquels la guitare de Kamil, économe et précise, fait des merveilles. Ainsi, sur ce Listen Up ! haute couture, tout est affaire de contraires qui se complètent. Section rythmique d’une redoutable dextérité, néanmoins élastique ; ponctuations mélodiques techniquement irréprochables, mais pas d’esbroufe ; sens aigu du collectif, qui permet à chacun, tour à tour de briller. Et au milieu de tout ce beau monde, chef d’orchestre à l’humilité jamais feinte, un Kamil Rustam que l’on devine heureux. C’est contagieux. Son nouvel opus est plus qu’une célébration du meilleur des années soixante-dix. Soyeux, joyeux, ciselé, Listen Up ! met carrément de bonne humeur. Autoroute du soleil.