17 mai 2026 / Pour leur nouvel et déjà septième album, le duo belge composé depuis plus de dix ans de Roxie et Jim a décidé, si le titre de l’album est là pour nous donner une piste sur leurs intentions, de mettre les choses en ordre.
En premier lieu, en créant leur propre label ( garant probablement d’une volonté d’indépendance revendiquée et peut-être aussi un indicateur de l’état de la production indépendante en 2026) le bien nommé Hyperjungle Recordings.
Ensuite, en accompagnant la sortie de An Order Of Things en avril dernier par une tournée de plus de cinquante dates d’ici début décembre, affirmant par cette démarche que la musique que le groupe produit est taillée pour la scène, là où elle prend tout son sens.
Enfin, en ouvrant la structure même du groupe à une seconde batterie confiée à Da.( évidemment). Avec cette nouvelle recette, il ne faut pas longtemps au groupe, si il en était besoin, de clarifier encore un peu plus ses intentions. Dès l’ouverture, sur Witches Carousel, la présence de cet ajout se fait sentir à la fois dans la capacité à générer une forme d’écho rythmique, à insuffler une dimension tribale immédiate et une énergie au souffle impressionnant.
Jeddah Tower qui lui succède, de part la manière dont le dialogue entre les deux batteries s’enchevêtre à la partition de la guitare électrique génère un effet de boucles entêtant (qui apparaitra également par la suite soutenu par des claviers par instant notamment sur le très réussi Sad Hill Fire Wave ou encore Le Soleil) sur lequel il est difficile de pas avoir envie de sauter sur place en reprenant en choeur le libérateur “hey hey hey hey ho ho ho ho” scandé par le groupe.
Sabbertoother, que nous avons la joie de compter parmi les participants du volume 65 de nos compilations, fait “all in” dans cette puissance énergisante. Une puissance qui n’assomme pas, mais au contraire qui électrise, qui porte, qui vous attrape par l’échine et vous propulse vers l’avant, l’envie en étendard.
La seconde moitié du disque ne faiblit pas dans la capacité à faire monter le bpm ( dantesque Cowboy Ride) et tenir l’auditeur au coeur de boucles en tensions ( une forme de kraut-rock sous amphétamine). On n’en vient même à se demander par instant si nos pieds sont encore en contact avec le sol…notamment sur le fabuleux Evil Ride.
Les deux titres qui ferment le disque (Le Soleil et The Love and The Violence) forment un autre superbe duo de titres qui incarnent le talent du groupe à venir nous attraper, nous secouer dans tous les sens, et de nous laisser, comme le grand manège de la foire foraine de notre enfance qui nous impressionnait de loin et sur lequel il a fallut attendre de faire plus d’un mètre vingt pour y accéder, un peu groggy mais le sourire aux lèvres et avec une seule envie, y retourner. Avec plus quarante dates encore à venir, on va bien trouver un moyen de remonter y faire un tour non ?
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