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Chronique retardataire. Publié en fin d’année dernière par le label nantais Super Apes, ce disque orphelin de titre s’est rappelé à nous par l’intermédiaire du morceau Homeopathy, figurant sur le 65ᵉ volume de nos merveilleuses compilations : évoquant Bloc Party tout autant que Devo et David Bowie, la chanson est une leçon d’électro post-punk, économe en fioritures putassières ou effets de manche grandiloquents, mais rudement efficace – éloge du gimmick addictif, du hook minimaliste, du refrain discret qui tue ; ça se fredonne, ça s’injecte, ça s’incruste dans la tête, mais ça ne reflète que partiellement le mood d’un opus plus laidback qu’il n’y paraît. Enregistrées entre Gastuche (Belgique) et Roscoff (Bretagne), les dix pièces musicales composées par Loïc Joseph et Delgado Jones oscillent entre ballades folk à la Silver Jews (Shine), ritournelles dadaïstes planantes (Tout Bas) et rock urbano-pastoral (Friends, soit Brooklyn dans la plaine). Bien que violenté par l’auto-tune (Standing et These Things), l’ensemble est lumineux, doux, hypnotique, à l’image de l’introductif Instrumental – motifs de guitare répétitifs, boîte à rythmes, tunnel krautrock : mise en bouche impeccable. Et puis il y a le chant, cette voix – super grave à la Leonard Cohen, avec un petit côté traînant très Lou Reed – qui anoblit des mélodies par ailleurs consistantes, de bas en haut, ça vibre de partout. Massage sonore.




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