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Forts de 20 ans de carrière et près de 1500 concerts au compteur, les post wave indie de Future Islands nous offrent une collection de vingt titres variés incluant versions alternatives, raretés, vide-greniers et pépites pour leur huitième album.

À la base, ce groupe originaire de Caroline du Nord, résidant à Baltimore depuis 2008, a tout de la formule sympathique avec une basse oscillant entre pop et new waverie, une batterie réglée comme une boîte à rythme TR-808 et des sons de synthé chaleureux soutenant une présence vocale charismatique indéniable. Cependant, j’imagine ne pas être le seul à penser que pour le fan lambda chaque nouvel album tient désormais de la prospection obstinée, comme celle d’aller tamiser un champ de minéraux hétéroclites dans l’espoir d’y faire scintiller quelques pierres précieuses. La bonne nouvelle est que tant qu’on garde la foi, on sait qu’on en trouvera quelques-unes. À savoir donc où. Contrairement à l’album précédent, People who aren’t there anymore, et son départ en fanfare avant de perdre en intensité après quelques morceaux, le présent From a Hole in the Floor to a Fountain of Youth nous plonge dans une ambiance atrophique dès le départ avec The Ink Well (littéralement, « le puits d’encre »). Je ne sais pas trop pourquoi, mais ça me ramène à mes années Joy Division quand je court-circuitais généralement le morceau d’intro Atrocity Exhibition de l’album Closer, probablement irrité par la substance sonore suffocante mêlée à la voix névrotique de Ian Curtis noyée dans une chambre à écho mal dosée. Ici, réflexe de rejet similaire, avant de trouver un peu d’espoir sur le morceau semi-dansant suivant, Pinnochio, qui hélas a du mal à passer la minute trente d’intérêt, dû aux problèmes de composition et d’excès de maniérisme du chanteur Samuel T. Herring. Malgré l’envie d’adhérer, ce début d’album déçoit, laissant planer cette impression de tergiverser dans ses quelques mètres carrés d’habitacle ; mais patience, l’air libre n’est pas très loin…

Avant de commencer à remonter, il faudra pourtant continuer à descendre un peu plus bas, avec Happiness of Being Twice qui sonne comme du Sttellla, genre Aglaé, dans un style new beat de kermesse. Mais tout ceci est vraisemblablement juste une malheureuse coïncidence, puisque je doute que le kitch électro belge ait jamais vraiment dépassé les frontières des Gaules. Heureusement, l’album prend en densité avec le sombre et saturé In the Fall qui évoque le Phantogram des grands jours, époque remix Black out Days par Future Islands justement. Après des morceaux dispensables comme l’atmosphérique Awake and Dreaming et le chaotique Virgo Distracts aux raclements de gorge chroniques, on se met à sautiller joyeusement sur Find Love comme du bon vieux temps de This Is the Day par The The (ne manquerait presque plus qu’un son d’accordéon endiablé). Cotton Flower avec ses belles montées d’harmonies basse-synthé-batterie-voix est le morceau qui suit logiquement, tandis que le contemplatif The Fountain aurait pu être un bon choix pour boucler l’album et faire judicieusement écho à son nom. Tomorrow dans une ambiance soul, et malgré le renfort de belles voix féminines, agace très vite, en partie gâché ici par la voix de bariton de Herring trop criarde, haletante et forcée par rapport aux maîtres du genre. Mais, ô miracle, comme dans une partie de Tetris où les pièces géométriques finissent par s’aligner, les gemmes tant recherchées nous attendent à foison sur la deuxième partie de l’album avec les salutaires One Day aux nappes océaniques à la Vangelis, Sail, un pur joyau mélodique, The Chase, Calliope, Six Weeks , Days, Rager – demo, Glimpse, toutes de très bonne facture synth pop, et qui nous rappellent pourquoi Future Islands reste somme toute un groupe créatif et attachant. You never gave up on me , comme le répète à qui veut l’entendre Herring sur le refrain de As long As You Are illustre bien pourquoi l’esprit musical de son quartet continuera de s’effuser sur ses fans, en dépit d’imperfections, mais compensées largement par ses belles qualités musicales et humaines aux accents pontifiants singuliers.




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