23 juin 2026 / En Grande-Bretagne se fredonne une comptine enfantine à propos des pies : une pie, malheur à l’horizon, deux pies, O joie, trois pies, enterrement, quatre pies, naissance. Combien d’oiseaux sur la pochette de Hello Magpie ? Un seul, évidemment. Basé dans le Quercy, Inflatable Dead Horse œuvre à la croisée des chemins, entre folk, slowcore et post-rock, tous registres âpres et néanmoins lumineux – crépusculaires : le quintet formé autour du gallois Daniel Mark Williams pourrait bien vous coller le spleen. Ce nouvel album, qui paraît six ans après l’inaugural Love Songs, s’ouvre sur une complainte sépulcrale de toute beauté, où basse et guitares harmonisent, se croisent, se crispent, tandis que la tension monte en un lancinant bourdon et, quand la batterie surgit, c’est la fièvre lente, consumée, jusqu’à l’orgue, jusqu’à l’os, tout devient carmin. Morning Light est d’une classe absolue ; Fine Down Here, qui accueille l’excellente Faustine Seilman, enfonce le clou. Raideur instrumentale, mélodie accrocheuse, l’on pense à Arab Strap, l’on pense à Sparklehorse. Indéniablement, Inflatable Dead Horse maîtrise l’art du contraste, quitte à surprendre, voire dérouter – Hip to be Dead lorgne du côté des Thugs, tandis que These Our Dying Days trempe – bouzouki y compris – dans le psychédélisme le plus pur. Est-ce bien le même groupe ? Oui. Aux côtés de Daniel Mark Williams, l’on retrouve les fidèles Loïc Trumeau (guitare), Loïc Malavelle (basse), Bruno Almosnino (claviers) et Philippe Caray (batterie), mais il y a que l’enregistrement des neuf compositions de Hello Magpie s’est étalé sur plusieurs années – cause probable de l’hétérogénéité parfois troublante de l’ensemble. Ici, Slint (l’hypnotique Milkman) côtoie 16 Horsepower (A Pin Drops), sachant que Creator (All Kinds of Love) évoque Swell, The Black Angels et The Fall – nobles références, saupoudrées de rock garage et de blues, qui n’excluent pas un final dépouillé, le minimaliste Sleep it Off et la ballade hantée Drive Me Home. Avec ce Hello Magpie intense jusque dans ses silences, magnifié par une production organique (écoute au casque conseillée), Inflatable Dead Horse signe rien de moins que leur grand retour. Ils nous avaient manqué.
Mono