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Pop de taxidermiste. Voilà comment (dans ma tête) je qualifie les illuminés qui, des décennies après que les sommets du genre furent atteints, s’engagent – à la suite des Beatles, des Kinks, des Beach Boys, des Zombies et autres Left Banke – sur l’avenue de la Grande Harmonie Symphonicopsychédélique. En France, ils sont quelques-uns à briller dans ces registres pourtant éprouvés. L’on pense à il signore Olivier Rocabois, à Mehdi Zannad, à Christophe Vaillant, mais également à Boris Maurussane, croisé au sein de formations telles que Domotic, Athanase Granson et Serieyx. Autrefois facteur, le Parisien voue une affection sans failles à Robert Wyatt – pas pour rien que dans son chant l’on retrouve l’attachante fragilité qui caractérisait le leader de Soft Machine –, tout en s’ouvrant au jazz et à la musique populaire brésilienne. À l’écoute du solaire Tears of English Town, assez peu anglais, encore moins pluvieux, ces influences sont évidentes et, surtout, parfaitement compatibles – voilà la grande force de l’easy listening que de nous aider, au travers d’arrangements orfévrés et d’ornementations extravagantes, à voyager-planer. Il faut dire que Boris Maurussane a mis les petits plats dans les grands, s’entourant des pianistes Sandrine Marchetti et Jan Stumke, du bassiste Antoine Brunet et du batteur Jean Thevenin, mais également d’une section de cuivres et d’un quintette à cordes. Nous voilà enveloppés dans une soie sonore à base de hautbois, de basson, de flûte traversière, de trombone, de clarinette, de harpe, de vibraphonette, de quoi agrémenter les quatorze morceaux du successeur de Social Kaleidoscope, qu’en 2022 nous qualifions de plaisir esthétique très vif. Quatre ans plus tard, nous baignons dans un jacuzzi psych-prog-pop. À nous les chansons aux structures alambiquées, à nous les intermèdes cinématographiques, à nous les cordes liquoreuses, les harmonies vocales précieuses, les accords de septième diminuée. La virtuosité lettrée de Boris Maurassane l’entraîne parfois dans des compositions un peu trop longues pour leur propre bien, mais c’est le pendant de son goût prononcé pour l’expérimentation, ce dont on ne saurait le blâmer. Le Parisien n’est ainsi en rien taxidermiste – follement hybride, sa musique respire, se meut, s’échappe. Elle vit.




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