15 juillet 2026 / The queen is back. Précédé par la sortie – il y a quelques semaines – de l’irrésistible Steh Auf, tuerie techno rave portée par de bien vibrantes basses arpégées, le nouvel album d’Ellen Allien nous rappelle à quel point la Berlinoise est douée, dès lors qu’il s’agit de combiner finesse et énergie. Frontale, Steh Auf (traduire : bouge-toi et avance) n’en reste pas moins introspective, dans le sens où elle évoque en creux le deuil, l’impossible deuil. Marquée par la crise sanitaire et la disparition de sa mère, Ellen Allien a profité de ses hivers au calme pour enregistrer – entre Miami, Berlin et Ibiza – les dix tracks de l’élégantissime New Life. Orfévré tout autant qu’instinctif, le successeur de AurAA (2020) est d’une classe folle, à l’image de l’introductive Cruising, modèle d’électro minimaliste à cheval entre house et techno, empilant percussions hypnotiques, claviers pointillistes et murmures mélancoliques, ou du martial Be Your Own Leader, fort de son contraste entre les beats ciselés et les sonorités planantes, qui joue de la voix robotique, de la mélodie entêtante – efficace et sensible. Les morceaux s’enchaînent naturellement, faisant de cet opus un set à part entière, avec ses crescendos, ses temporisations, ses reprises, ses climax et, à compter de l’intense Fantazy, le disque décolle pour de bon. Gimmicks kaléidoscopiques, arrangements tournoyants, gros kicks, basses qui tabassent, collages sonores, voix réverbérées – Move It, Riot, Mein Herz, brelan d’as électronique. Même en chipotant (quelques zones de flottement et un Wonderful Moment indécis, donc dispensable), impossible de ne pas considérer que New Life n’est rien d’autre qu’une fichue master class, délivrée par une Ellen Allien au sommet de son art. Magistral.