30 août 2026 / Moitié du duo Boucan, dont nous avions l’année dernière particulièrement apprécié la parade tragico-burlesque Ballad of John Kairos, le contrebassiste Mathias Imbert nous revient avec un sixième album en hommage à son père disparu. Enregistré en live, Petit journal du feu s’aventure sur les terres d’une chanson française sensible, lettrée, organique, teintée de jazz et de rock, riche d’un instrumentarium à même de donner vie aux textes âpres, imagés ou poétiques du compositeur montpelliérain : Brunoï Zarn (guitare folk), Mathieu Werchowski (violon), Lucie Delmas (marimba), Laurent Paris (percussions), ainsi que les choristes Emmanuelle Ader et Esther Marlot, l’accompagnent dans ce voyage mémoriel tout autant qu’harmonique. En onze morceaux vibrants, zébrés d’inventives lacérations et de fulgurances verbales, Imbert Imbert cartographie l’amour, l’absence, la mort, ce qui nous relie et nous sépare, ce qui nous tient en vie. Avec - en guise de boussole - Léo Ferré, La Tordue et les Violent Femmes, Petit journal du feu quitte un port ombrageux (Langue d’os) pour une île chaloupée (Ton étoile), invite à bord l’accordéoniste René Lacaille (Que du feu), mouille au carrefour de tous les mondes, en Méditerranée (Virgule), puis paisiblement s’enfonce dans la nuit (Ne pas confondre). Plus qu’une simple traversée, cet album fait de chaque chanson une escale fraternelle — un refuge éphémère, où la musique borde l’absence avant d’affronter le large.