30 août 2026 / Déroutant. Comme souvent, avec les disques de la scène post-punk britannique contemporaine, invraisemblables fourre-tout ivres d’inspirations décomplexées, je ne sais pas sur quel (mauvais) pied danser. You’re Gonna Need a Little Music, nous conseillent les Yard Act, mais au vu des innombrables influences à l’œuvre sur leur troisième album, le quatuor de Leeds aurait pu l’intituler « Amigo, tu vas te prendre une rafale de références dans la tronche » : le funk-pop Fiction marie Prince avec Aerosmith, l’incantatoire Empty Pledges invoque l’esprit des Bad Seeds et de The Fall, le britpop New Beginnings est un bisou sur la bouche entre Blur et Beck, You’re Gonna Need A Little Music parodie Serge Gainsbourg, lui-même parodié par les Scissor Sisters, Talky Talky People fusionne Lou Reed et Silver Jews, Over The Barrel chasse sur les terres de Pulp. C’est trop pour mes oreilles ébouillantées, qui entendent les Kinks sur Tall Tales, les Happy Mondays sur Thrill Of The Chase, et rien sur l’épouvantable spoken-word jazzy Janey Said. Rien ? Rien, parfois, c’est bien, même si ce nouvel opus propose des pépites telles que le garage-punk Cherophobe Rock et ses refrains à la TV On The Radio, ou le crasseux Redeemer, digne des Viagra Boys. Le truc intrigant, c’est que la tambouille fiévreuse – infusée de disco, de pub-rock et de jungle – concoctée par James Smith et ses acolytes tient carrément la route : normal, c’est de la colle. Et la colle, quand on n’a rien d’autre à se mettre dans le nez, même si on ne plane pas très longtemps, bah c’est toujours ça de pris.