30 août 2026 / Originaires de la Nouvelle-Orléans et déboulant sur la scène garage-rock avec une impétuosité digne des ouragans qui régulièrement frappent la Floride, les Twisted Teens font honneur à leur patronyme. Troisième album en deux ans pour le duo formé en 2024, le tumultueux Florida Water Blues voit les faux frères Caspian Hollywell et RJ "Razor Ramon" Santos se lancer dans une cavalcade d’hymnes déglingués, oscillant entre garage-punk crasseux (Why Did You Miss It ?), alt-country DIY (la rengaine Hand Me A Cigarette) et cowpunk slacker (Guided Thunder, sommet). C’est The Hives chez les crackers, le Velvet Underground en plein cagnard, Johnny Cash ressuscité, libéré des griffes de Rick le fossoyeur. Gorgées d’électricité – qu’elle émane des guitares, des tripes ou du chant rocailleux de Caspian –, les treize compositions de Florida Water Blues sont bien plus fines qu’il n’y paraît de prime abord. Le duo n’hésite pas à ralentir le tempo, comme sur le slow fifties Weather The Season (sommet) et la chouette ballade Javelina, ou à injecter une touche de krautrock (le lancinant Concealed Weepin’) et de drone (la complainte Sun Go Down), pour tisser des chansons tout sauf monolithiques – émouvoir ou planer, même combat. Mais ce qui permet aux Adolescents Perturbés de transformer un « bon petit disque garage », tel que produit à la chaîne par les apprentis Sonics, c’est leur instrumentarium bluegrass. Pedal steel, caisse claire jouée aux balais, stompbox, basse baryton, harmonica, guitare slide, claviers Casio, field-recording, etc. ; ça donne des arrangements travaillés, inventifs et surprenants, le tout servi par une production sans compression excessive ni artifices (hormis quelques boucles psychédéliques inversées et du tape-echo), qui laisse magnifiquement les morceaux respirer sous l’épaisse couche de fuzz. Du grand art bancal, à consommer sans modération. Yee-haw !