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C’est peu dire qu’en 2024 I’m totally fine with it don’t give a fuck anymore m’avait désarçonné. Trop de tout, écrivais-je en ces pages. Le bon côté des choses, c’est que ce disque m’avait permis de faire le deuil des Philophobia (1998), Monday at the Hug & Pint (2003) et autres The Last Romance (2005). Non, je n’attends plus rien d’Arab Strap, et c’est franchement libérateur, parce que ça permet d’apprécier à sa juste valeur leur neuvième album, un Half-Told Tales frontal tout autant que copieux et vivifiant. Vivifiant parce que vrombissant, à l’instar de l’introductif I Get Noise qui, par sa tension, sa radicalité et son mur du saxophone (oui, du saxo réverbéré, vous allez en bouffer), sonne comme un avertissement – on est Arab Strap, on fait ce qui nous plaît. Aidan Moffat et Malcolm Middleton plantent leurs crocs dans votre gorge : ils ne vous lâcheront pas. Rien que ce You You You complètement fou : crescendo électro drapé d’arpèges, qui vire techno-funk puis discoïde, claviers cheezy, mélodie dance, coupure, un pont hard-rock héroïque WTF. Génial, Ou alors l’improbable Fighting For You, chanson de marin mêlant guitare folk et hard FM. Infâme bouillie. Et encore : le post-punk tournoyant de Dollar Park, on adore, mais le trip-hop jazzy planant Gape, c’est argh. Le problème de ce disque, c’est qu’il est trop long. Sur les quatorze morceaux de Half-Told Tales, on peut jeter au moins quatre chansons. Par exemple, Under Offer, blabla sur fond musical informe, genre un orchestre qui s’accorde, c’est du bouche-trou. Trop de tout, suis-je tenté d’écrire, une fois encore. Sauf que le duo me contredira, en pondant des rengaines à l’ancienne - lumineuses, poisseuses, basse en avant, quel plaisir de retrouver l’Arab Strap d’avant la séparation : les ballades classieuses Basic Physics et Ampersand sont tout ce que j’aime. Alors ils peuvent bien mordiller, comme des The Fall écossais (Glamour Magick), inventer la folk-eurodance (Sunsong) ou tartiner leurs compositions de saxophone, on laisse filer au vent. En définitive, Half-Told Tales porte bien son nom : la moitié jetable s’oublie vite, tandis que l’autre rappelle magistralement pourquoi ce groupe reste indispensable.