6 février 2025 / En parapente, le soaring consiste à s’approcher le plus près possible d’une falaise puis remonter le long de la paroi grâce aux courants ascendants, ce qui revient à (presque) surfer sur une vague rocailleuse. Dès l’ouverture de Soaring, le multi-instrumentiste Baptiste Belot se lance, avec l’épique A Blurred Contour of Everything, dans une cavalcade shoegaze, post-rock et black metal absolument fascinante – guitares électriques entêtantes et synthétiseurs éthérés dignes des Cure période Disintegration, chant mélodieux noyé dans la réverbération tel que pratiqué par Slowdive, accalmies orageuses à la Mono, le tout saupoudré de gros riffs distordus et d’une pincée de scream bien sombre : dantesque. En quatre compositions et une trentaine de minutes, Soaring frappe fort, à l’instar du tellurique et néanmoins émouvant Sun, dont le tempo lent en trompe-l’œil rappelant Slint favorise les variations climatiques, entre murailles soniques, mille-feuille d’arpèges lumineux et mélopées gothiques – le blackgaze de Soaring prend aux tripes. Plus épurée, tutoyant les cimes brumeuses d’un registre kaléidoscopique éminemment émotionnel, la poignante incantation The Great Lines irradie en nous toute la force de sa belle obscurité, tandis que le conclusif Starflowers – dix minutes en suspension, entre rêverie et headbang – confirme le (gros) coup de cœur pressenti dès les premières secondes d’un Soaring hautement recommandable. Finalement, ce mois de janvier n’est pas si pourri que ça.