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	<title>&#192; d&#233;couvrir absolument</title>
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		<title>Camille</title>
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		<dc:creator>Alix de Stermaria</dc:creator>



		<description>&#192; l'heure o&#249; Lindsay Clancy est une ic&#244;ne f&#233;ministe, il est mal vu d'afficher le bonheur qu'il y a d'&#234;tre m&#232;re. Tant pis pour Camille qui, durant un bienveillant ballet de presque deux heures, met en sc&#232;ne, en musique et en joie les quinze derni&#232;res ann&#233;es de sa vie de famille. Soit un copieux triptyque, &#233;voquant la Naissance &#8211; collage sonore de trente minutes, constitu&#233; de field recordings, d'embryons de ritournelles, d'emballements et de fous-rires ; l'Enfance &#8211; accompagn&#233;e par le violoncelliste (...)

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&lt;a href="https://www.adecouvrirabsolument.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Labellis&#233;s&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton10553-3a4c4.jpg' width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; &lt;strong&gt;Lindsay Clancy&lt;/strong&gt; est une ic&#244;ne f&#233;ministe, il est mal vu d'afficher le bonheur qu'il y a d'&#234;tre m&#232;re. Tant pis pour &lt;strong&gt;Camille&lt;/strong&gt; qui, durant un bienveillant ballet de presque deux heures, met en sc&#232;ne, en musique et en joie les quinze derni&#232;res ann&#233;es de sa vie de famille. Soit un copieux triptyque, &#233;voquant la Naissance &#8211; collage sonore de trente minutes, constitu&#233; de field recordings, d'embryons de ritournelles, d'emballements et de fous-rires ; l'Enfance &#8211; accompagn&#233;e par le violoncelliste &lt;strong&gt;Pierre-Fran&#231;ois Dufour&lt;/strong&gt;, Camille compose des comptines chorales minimalistes aussi br&#232;ves qu'espi&#232;gles ; l'Adolescence, chansons plus amples, plus travaill&#233;es, plus grises, aussi, qui vous emportent ou vous irritent &#8211; comme un ado. D'un volet l'autre, on retrouve des m&#233;lodies identiques, elles &#233;voluent, se complexifient, grandissent &#8211; mise en abyme. Telle officine humaniste soutiendra que la vision idyllique de l'exp&#233;rience parentale et des dynamiques familiales d&#233;peinte dans &lt;i&gt;The Sound of Milk&lt;/i&gt; occulterait une r&#233;alit&#233; plus nuanc&#233;e, voire sombre, v&#233;cue par la majorit&#233; des vrais gens. Argument recevable, n&#233;anmoins oiseux. La derni&#232;re fois qu'une id&#233;ologie a arrim&#233; au r&#233;el les artistes, on dira poliment que ce ne fut pas le meilleur des mondes. Et alors que je m'appr&#234;tais &#224; mordiller ce disque &#8211; trop long, trop bavard &#8211;, me voil&#224; au champ d'honneur &#224; d&#233;fendre une &#339;uvre qui m&#233;rite mieux qu'un rappel &#224; l'ordre, ne serait-ce que parce qu'elle contient beaucoup plus de v&#233;rit&#233;(s) que le journal pr&#233;cit&#233; ne semble le croire. Voici le portrait naturaliste &#8211; radieux, tr&#232;s l&#233;g&#232;rement inquiet (avoir des enfants, c'est aimer infiniment, mais &#233;galement d&#233;couvrir la peur, infiniment) &#8211; d'une artiste qui se pr&#233;sente &#224; nous dans le plus simple des appareils. Non pas un corps nu, tel qu'apparaissant sur le tr&#232;s beau visuel de l'album, sign&#233; &lt;strong&gt;Sophie Calle&lt;/strong&gt;, mais sa voix. Sa voix gu&#233;risseuse, sa voix chat noir, faite de mille voix qui soupirent, murmurent, d&#233;raillent, r&#233;confortent, sourient, amusent, brusquent ou bercent, qui regimbent et qui &#233;meuvent. Quoi de plus nu, mais quoi de plus habillant qu'un chant ? L'on pr&#233;f&#233;rera la Camille des complaintes &#8211; merveille que la lumineuse, &#233;l&#233;giaque et liquide &lt;i&gt;No Miracle&lt;/i&gt; &#8211; &#224; la Camille des comptines, trop &#233;chevel&#233;e &#224; mon go&#251;t, mais toutes les facettes de la chanteuse m&#233;ritent notre attention, d'autant plus que la production brute, qui laisse entendre les cliquetis, les grincements, les bruits de bouche, les h&#233;sitations, la reprise du souffle et les vibratos, renforce l'impression de proximit&#233; &#8211; nous partageons, sinon la pi&#232;ce ou le moment, la m&#234;me respiration. Parce qu'il faut le rappeler, toute aga&#231;ante soit-elle quand en tics elle se perd, Camille est une interpr&#232;te hors-pair. B&#234;te de flow, sur des morceaux tels que &lt;i&gt;Le voyage&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Bonjour&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Monsieur Gar&#231;on&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#192; nos enfants&lt;/i&gt;, elle fait des ravages &#8211; tout est si beau, si harmonieux, si pr&#233;cis, un ravissement. Alors oui, j'entends bien qu'elle en fait trop, surtout quand elle se pince le nez ou grince ou tonne, qu'&#233;couter &lt;i&gt;The Sound of Milk&lt;/i&gt; en une seule traite est une &#233;preuve et qu'on se croirait dans une publicit&#233; &lt;strong&gt;Ricor&#233;&lt;/strong&gt; (&#171; Le soleil vient de se lever&#8230; &#187;), mais ZUT ! S'il y a bien un truc qui actuellement m'exasp&#232;re, c'est cette injonction &#224; la tristesse, &#224; la morosit&#233;, au catastrophisme, martel&#233;e par un syst&#232;me sophiste qui a tout int&#233;r&#234;t &#224; ce que nous ne croyions plus en rien &#8211; il faut &#234;tre vraiment aigri pour reprocher &#224; quelqu'un son &#233;panouissement. Franchement, verser un peu de &#171; lait de la tendresse humaine &#187; dans nos oreilles satur&#233;es de cynisme, &#231;a ne peut pas faire de mal, non ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;border: 0; width: 350px; height: 470px;&quot; src=&quot;https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=723145759/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/transparent=true/&quot; seamless&gt;&lt;a href=&quot;https://camille.bandcamp.com/album/the-sound-of-milk&quot;&gt;The Sound of Milk de Camille&lt;/a&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>VIRAGEZERO</title>
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		<description>Il y a quelque chose d'assez fascinant dans cette voix blanche, &#233;th&#233;r&#233;e, presque aval&#233;e par un mur du son qui aurait d&#233;cid&#233; de faire fusionner My Bloody Valentine avec les tentacules d'une pieuvre r&#233;pondant au nom des Happy Mondays. Une rencontre improbable, certes, mais qui donne une petite id&#233;e du trouble dans lequel viragezero aime nous plonger. Ici, les guitares brumeuses, les synth&#233;s nerveux et les rythmiques &#233;lectroniques ne cherchent pas vraiment &#224; s'installer dans une forme confortable. Tout (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton10548-90eaf.jpg' width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'assez fascinant dans cette voix blanche, &#233;th&#233;r&#233;e, presque aval&#233;e par un mur du son qui aurait d&#233;cid&#233; de faire fusionner &lt;strong&gt;My Bloody Valentine&lt;/strong&gt; avec les tentacules d'une pieuvre r&#233;pondant au nom des &lt;strong&gt;Happy Mondays&lt;/strong&gt;. Une rencontre improbable, certes, mais qui donne une petite id&#233;e du trouble dans lequel &lt;strong&gt;viragezero &lt;/strong&gt; aime nous plonger. Ici, les guitares brumeuses, les synth&#233;s nerveux et les rythmiques &#233;lectroniques ne cherchent pas vraiment &#224; s'installer dans une forme confortable. Tout semble en mouvement, comme si le disque refusait de choisir entre l'abandon et la tension.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut dire que le premier album de ce collectif genevois n'est pas exactement le genre de disque que l'on appr&#233;hende frontalement. Un melting-pot de sensations, de rythmes et de textures, avec des senteurs orientales pass&#233;es au tamis de l'&#233;lectronique, qui demandent probablement de laisser tomber ses r&#233;flexes d'auditeur organis&#233;. Inutile de chercher imm&#233;diatement la bonne porte d'entr&#233;e : la spontan&#233;it&#233; me semble ici la meilleure fa&#231;on de proc&#233;der. On se laisse traverser, on accepte de ne pas toujours comprendre, et l'on finit par remarquer que quelque chose s'est d&#233;plac&#233; en nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les textes de &lt;strong&gt;Zo&#233; Sjollema&lt;/strong&gt;, nourris de fragments de r&#234;ves, participent &#224; cette impression de r&#233;alit&#233; l&#233;g&#232;rement d&#233;cal&#233;e. Sa voix ne vient pas toujours &#233;clairer les paysages, elle semble parfois en &#234;tre une brume suppl&#233;mentaire. Les mots apparaissent comme des morceaux de conversation dont on aurait oubli&#233; le d&#233;but, des pens&#233;es attrap&#233;es au r&#233;veil avant qu'elles ne se dissolvent compl&#232;tement. Le disque avance ainsi par glissements, entre fatigue, solitude et envie de dispara&#238;tre quelques instants, sans jamais enfermer ces &#233;tats dans un r&#233;cit trop bien ordonn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui me pla&#238;t, c'est cette mani&#232;re de faire cohabiter des influences qui pourraient facilement se neutraliser. Le trip-hop, l'abstract hip-hop, la dream pop et les d&#233;rives &#233;lectroniques ne sont pas convoqu&#233;s pour dresser un inventaire de r&#233;f&#233;rences, mais pour cr&#233;er une mati&#232;re mouvante, parfois abrasive, parfois presque contemplative. Les rythmes semblent vouloir nous maintenir debout pendant que les nappes et les guitares s'occupent de faire bouger les murs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;viragezero&lt;/i&gt; est un disque qui ne se donne pas imm&#233;diatement, et c'est probablement ce qui lui permet de rester vivant. Une musique de d&#233;rive nocturne, o&#249; l'on avance sans certitude, avec cette sensation &#233;trange de tourner en boucle tout en d&#233;couvrant, &#224; chaque passage, un d&#233;tail que l'on n'avait pas remarqu&#233;. Un disque qui ne promet aucune sortie, mais qui sait rendre le chemin suffisamment trouble pour que l'on ait envie de continuer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;border: 0; width: 350px; height: 470px;&quot; src=&quot;https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=1714396635/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/transparent=true/&quot; seamless&gt;&lt;a href=&quot;https://viragezero.bandcamp.com/album/viragezero&quot;&gt;viragezero de viragezero&lt;/a&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;site internet: : &lt;a href="https://www.bongojoe.ch/lesdisquesbongojoe" class="spip_out"&gt;Les Disques Bongo Joe&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chat Pile</title>
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		<description>Les puristes qui nous lisent vont r&#226;ler. J'ai ador&#233; le nouvel opus de Chat Pile mais, plut&#244;t que d'aligner les r&#233;f&#233;rences attendues (Godflesh, Big Black, Jesus Lizard, Shellac), je vais me contenter de r&#233;sumer ainsi le cr&#233;pusculaire Who Loves The Sun : le troisi&#232;me album du combo d'Oklahoma City est un condens&#233; de slowcore acc&#233;l&#233;r&#233; et de grunge jou&#233; au ralenti. Slowcore, cette basse rampante, mise en avant, ces motifs arp&#233;g&#233;s, r&#233;p&#233;titifs et crasseux, cette saturation organique, telle que sur l'introductive (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton10552-c6416.jpg' width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les puristes qui nous lisent vont r&#226;ler. J'ai ador&#233; le nouvel opus de &lt;strong&gt;Chat Pile&lt;/strong&gt; mais, plut&#244;t que d'aligner les r&#233;f&#233;rences attendues (&lt;strong&gt;Godflesh&lt;/strong&gt;, B&lt;strong&gt;ig Black&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Jesus Lizard&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Shellac&lt;/strong&gt;), je vais me contenter de r&#233;sumer ainsi le cr&#233;pusculaire &lt;i&gt;Who Loves The Sun&lt;/i&gt; : le troisi&#232;me album du combo d'Oklahoma City est un condens&#233; de slowcore acc&#233;l&#233;r&#233; et de grunge jou&#233; au ralenti. Slowcore, cette basse rampante, mise en avant, ces motifs arp&#233;g&#233;s, r&#233;p&#233;titifs et crasseux, cette saturation organique, telle que sur l'introductive &lt;i&gt;Creature&lt;/i&gt;. Grunge, voire proto-grunge, cette Influence boueuse que l'on croirait interpr&#233;t&#233;e par des &lt;strong&gt;Nirvana&lt;/strong&gt; neurasth&#233;niques &#8211; la tellurique &lt;i&gt;Christabel &#8216;26&lt;/i&gt; synth&#233;tise &#224; merveille ces deux registres. A noter que Chat Pile &#8211; qui tire son nom des empilements de d&#233;chets miniers contamin&#233;s au plomb que l'on retrouve en Oklahoma, soit l'&#233;quivalent badass de nos terrils &#8211; a r&#233;cemment repris &lt;i&gt;Sifting&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Scentless Apprentice&lt;/i&gt;. La filiation fait sens, mais si l'on creuse un peu plus dans les ann&#233;es 90, l'on trouvera des r&#233;miniscences indie-rock, et plus particuli&#232;rement de &lt;strong&gt;Lou Barlow&lt;/strong&gt;. En effet, l'incandescent &lt;i&gt;Deep Blue&lt;/i&gt; laisse appara&#238;tre une sorte de nonchalance &#224; la &lt;strong&gt;Sebadoh &lt;/strong&gt; &#8211; curseurs dans le rouge cramoisi, mais aucune d&#233;monstration gratuite. Pareil, pour la litanie &lt;i&gt;October All the Time&lt;/i&gt;, qui rappelle &lt;strong&gt;Sentridoh&lt;/strong&gt;. Ceci dit, le c&#339;ur du disque, teint&#233; de sludge metal, est indubitablement noise hardcore, qu'il s'agisse de &lt;i&gt;Family Funeral&lt;/i&gt;, du br&#251;lot &lt;i&gt;PEN I S MALL&lt;/i&gt; ou du bourdonnant &lt;i&gt;Shrine&lt;/i&gt;. Les riffs bas-accord&#233;s, h&#233;rit&#233;s du nu metal originel (&lt;strong&gt;Korn&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Deftones&lt;/strong&gt;), sont pour beaucoup dans l'atmosph&#232;re &#233;touffante de cet opus &#8211; en t&#233;moigne la lancinante complainte &lt;i&gt;Same Rules&lt;/i&gt;, orage sourd de d&#233;cibels en tension. Dix titres, rien &#224; jeter, y compris l'&#233;tonnante &lt;i&gt;Intruder&lt;/i&gt;, qui s'aventure vers le post-punk et le math-rock, mais se termine sur du screamo pur jus, embarquant dans son sillage &lt;strong&gt;Claire Hannah&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Brittany Sawtelle&lt;/strong&gt;, du trio &lt;strong&gt;Nightosphere&lt;/strong&gt; : un sans-faute, donc. &lt;i&gt;Who Loves The Sun&lt;/i&gt; ? Certainement pas Chat Pile. Ici, le soleil est noir, il est ombre, il est toxique. Ce qui n'emp&#234;chera pas le groupe d'Oklahoma City de signer un disque magistral tout autant qu'&#233;blouissant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;border: 0; width: 350px; height: 470px;&quot; src=&quot;https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=3543734916/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/transparent=true/&quot; seamless&gt;&lt;a href=&quot;https://chatpile.bandcamp.com/album/who-loves-the-sun&quot;&gt;Who Loves The Sun de Chat Pile&lt;/a&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;site internet: : &lt;a href="https://nowflensing.com" class="spip_out"&gt;The Flenser&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>beabadoobee</title>
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		<dc:creator>Alix de Stermaria</dc:creator>



		<description>Pour faire simple, beabadoobee est la Mitski anglaise &#8211; certes n&#233;e aux Philippines, mais vu qu'elle avait trois ans quand ses parents se sont install&#233;s &#224; Londres, on ne va pas chipoter, l'analogie reste pertinente. En effet, &#224; l'instar de Mitsuki Laycock, dont j'ai en ces pages &#233;voqu&#233; le r&#233;cent Nothing's About To Happen To Me, Bea Kristi se r&#233;clame d'influences underground &#8211; Karen O, Kimya Dawson, Mazzy Star &#8211; qu'elle affadit malheureusement en une sorte de pop-rock de studio qui rel&#232;ve plus de la citation (...)

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&lt;a href="https://www.adecouvrirabsolument.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Labellis&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton10554-75c8a.jpg' width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour faire simple, &lt;strong&gt;beabadoobee&lt;/strong&gt; est la &lt;strong&gt;Mitski&lt;/strong&gt; anglaise &#8211; certes n&#233;e aux Philippines, mais vu qu'elle avait trois ans quand ses parents se sont install&#233;s &#224; Londres, on ne va pas chipoter, l'analogie reste pertinente. En effet, &#224; l'instar de &lt;strong&gt;Mitsuki Laycock&lt;/strong&gt;, dont j'ai en ces pages &#233;voqu&#233; le r&#233;cent &lt;i&gt;Nothing's About To Happen To Me&lt;/i&gt;, &lt;strong&gt;Bea Kristi&lt;/strong&gt; se r&#233;clame d'influences underground &#8211; &lt;strong&gt;Karen O&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Kimya Dawson&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Mazzy Star&lt;/strong&gt; &#8211; qu'elle affadit malheureusement en une sorte de pop-rock de studio qui rel&#232;ve plus de la citation admirative que de l'innutrition cr&#233;ative. L'on ne remettra cependant pas en question sa sinc&#233;rit&#233; ni ses affinit&#233;s culturelles : beabadoobee a dans sa jeunesse compos&#233; une chanson en l'honneur du dictateur des &lt;strong&gt;Pavement&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;I Wish I Was Stephen Malkmus&lt;/i&gt;), elle s'est fait tatouer la pochette d'un album de &lt;strong&gt;Daniel Johnston&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Continued Story with Texas Instruments&lt;/i&gt;) et, durant le confinement, elle a pass&#233; des nuits enti&#232;res &#224; &#233;tudier les &lt;strong&gt;Sundays&lt;/strong&gt;. On l'imagine sans peine apprendre &#224; jouer de la guitare devant un tuto Youtube, ou fredonner en r&#234;vassant les yeux plong&#233;s dans les posters aux murs, ou chaque jour &#233;tablir l'impossible classement de ses disques pr&#233;f&#233;r&#233;s d'&lt;strong&gt;Elliott Smith&lt;/strong&gt;. Le truc, c'est que ceux qui nous nourrissent ne devraient en aucun cas &#234;tre nos horizons, mais bien nos points de d&#233;part &#8211; &#224; nous d'inventer la suite du voyage. En ce sens, le quatri&#232;me opus de beabadoobee ressemble &#224; la brochure d'un office de tourisme. La destination ? L'indie-rock des ann&#233;es 90. Honorable si l'on s'en r&#233;f&#232;re &#224; la vari&#233;t&#233; francophone coprophage, mais &lt;i&gt;Pylon&lt;/i&gt; pioche tant et tant dans les nineties qu'on se demande &#224; quel moment la personnalit&#233; de beabadoobee va affleurer. &lt;strong&gt;Hole&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Sun Has Set&lt;/i&gt;), &lt;strong&gt;Beck&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Switchblade&lt;/i&gt;), les &lt;strong&gt;Cardigans&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Memories&lt;/i&gt;), &lt;strong&gt;Garbage&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Radio&lt;/i&gt;), les &lt;strong&gt;Smashing Pumpkins&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Estranged&lt;/i&gt;), le tout arros&#233; de sonorit&#233;s midwest emo, grunge ou bedroom-pop, et de m&#233;lodies dignes de teen-movies, rien d'indigne, m&#234;me si l'on se demande ce que font l&#224; &lt;strong&gt;Chino Moreno&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Satellite&lt;/i&gt;) et&lt;strong&gt; Brendan Yates&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Powerlines&lt;/i&gt;) &#8211; oui, vous avez bien lu, les chanteurs des &lt;strong&gt;Deftones&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;Turnstile&lt;/strong&gt; figurent sur la liste des invit&#233;s, tout comme &lt;strong&gt;Hayley Williams&lt;/strong&gt; sur le sirupeux girly-punky &lt;i&gt;Nothing To Prove&lt;/i&gt;. Rien &#224; prouver ? Si, un peu quand m&#234;me. Ce &lt;i&gt;Pylon&lt;/i&gt; a beau &#234;tre agr&#233;able &#224; &#233;couter &#8212; &#231;a glisse tout seul entre les deux oreilles &#8212;, on aurait pr&#233;f&#233;r&#233; qu'il &#233;mette un signal un peu plus personnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;border: 0; width: 350px; height: 470px;&quot; src=&quot;https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=3422478291/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/transparent=true/&quot; seamless&gt;&lt;a href=&quot;https://beabadoobee.bandcamp.com/album/pylon&quot;&gt;Pylon de beabadoobee&lt;/a&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;site internet: : &lt;a href="https://dirtyhit.co.uk" class="spip_out"&gt;Dirty Hit, Interscope&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Talisco</title>
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		<description>Alors que j'ai longtemps fait un concert par semaine minimum, puis, en entrant dans la vie active, un par mois, et depuis quelques ann&#233;es un par an, et encore, c'est en me for&#231;ant, je supporte de moins en moins mes contemporains. Et ce n'est pas la manie de mettre son bras en l'air avec le t&#233;l&#233;phone au bout pour filmer trente secondes de concert qui arrange mon rapport avec mes cong&#233;n&#232;res. Alors je ne sors plus jamais, surtout &#224; Paris, et c'est donc &#224; Reims que j'ai jet&#233; mon d&#233;volu. D&#233;j&#224; parce que (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L150xH145/arton10550-2c59d.png' width='150' height='145' style='height:145px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que j'ai longtemps fait un concert par semaine minimum, puis, en entrant dans la vie active, un par mois, et depuis quelques ann&#233;es un par an, et encore, c'est en me for&#231;ant, je supporte de moins en moins mes contemporains. Et ce n'est pas la manie de mettre son bras en l'air avec le t&#233;l&#233;phone au bout pour filmer trente secondes de concert qui arrange mon rapport avec mes cong&#233;n&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors je ne sors plus jamais, surtout &#224; Paris, et c'est donc &#224; Reims que j'ai jet&#233; mon d&#233;volu. D&#233;j&#224; parce que notre v&#233;hicule conna&#238;t la route, et pour cause, nous sommes abonn&#233;s &#224; l'illustre Stade de Reims. Ensuite parce que je n'ai pas mis les pieds depuis tr&#232;s longtemps &#224; la Cartonnerie, o&#249; j'ai de grands souvenirs qu'il serait trop long d'&#233;num&#233;rer, salle qui a remplac&#233; l'illustre Usine (ceux qui ont des cheveux blancs, ou plus du tout, savent). Et puis quand m&#234;me parce que j'ai un rapport complexe avec le groupe qui s'y produisait, en l'occurrence &lt;strong&gt;Talisco&lt;/strong&gt;, que j'avais vu il y a quasiment dix ans jour pour jour &#224; Beauvais, invit&#233;s que nous &#233;tions avec ma fille, qui n'avait alors que 7 ans et qui &#233;tait en transe d&#232;s les premi&#232;res notes de &lt;i&gt;Your Wish&lt;/i&gt;. Dix ans plus tard, je suis de moins en moins souple et ma fille a bascul&#233; dans le c&#244;t&#233; obscur de la musique : exterminons la K-pop et le rap vari&#233;toche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3060 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L500xH375/IMG_2147-b39ea.jpg' width='500' height='375' alt=&quot;&quot; style='height:375px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10 balles la place, une salle pleine et, en premi&#232;re partie,&lt;strong&gt; Louis Aguilar&lt;/strong&gt;, une d&#233;couverte (on en reparlera rapidement sur ADA )m&#234;me pour moi qui croule sous les disques autoproduits. Nous arrivant de Lille dans le Texas, Louis Aguilar nous offre un set rendant un hommage tout &#224; la fois hilare et talentueux &#224; la musique am&#233;ricaine, aux s&#233;parations, &#224; l'amour, le tout avec ses six ficelles sous les doigts. Ceux qui lisent ADA remarqueront que je ne me suis pas foul&#233;, j'ai quasi repris mot pour mot le petit texte que j'avais &#233;crit quand, en 2014, j'avais crois&#233; Louis &#224; Cr&#233;py-en-Valois, en premi&#232;re partie de &lt;strong&gt;Mermonte&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vers 21 h 30 arrive Talisco. Premi&#232;re surprise, ils ne sont pas trois mais quatre. Un jeune homme r&#233;pondant au pr&#233;nom de Corentin s'est ajout&#233; pour s'occuper de toutes les parties claviers, et ce n'est pas anodin. L&#224; o&#249; le trio devait composer avec de la technique suppl&#233;mentaire, en quatuor, &lt;strong&gt;Thomas Pirot&lt;/strong&gt;, par exemple, peut se consacrer &#224; la basse et au chant. C'est une diff&#233;rence qui se ressent jusque dans le bonheur qui se d&#233;gage du groupe, l&#224; o&#249; je pouvais parfois les trouver crisp&#233;s sur sc&#232;ne, sauf &lt;strong&gt;Gauthier Vexarld&lt;/strong&gt;, camarade picard au sourire communicatif qui n'est pas sans nous rappeler celui de Farrugia.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Frontman de plus en plus &#224; l'aise et roi de la grimace, &lt;strong&gt;J&#233;r&#244;me Amandi&lt;/strong&gt; s'amuse d'une technique r&#233;calcitrante alors qu'elle s'&#233;tait tenue &#224; carreau pendant les deux jours pr&#233;c&#233;dents. Et malgr&#233; cela, et malgr&#233; l'enjeu, nous aurons droit &#224; 90 minutes intenses pour ce premier concert de la tourn&#233;e annon&#231;ant la sortie d'un cinqui&#232;me album,&lt;i&gt; Setting in Nashville&lt;/i&gt;, pas encore sorti mais que je m'empresserai d'acheter en avant-premi&#232;re &#224; la fin du concert pour l'&#233;couter le matin venu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3061 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L500xH375/IMG_2146-0492f.jpg' width='500' height='375' alt=&quot;&quot; style='height:375px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;90 minutes durant lesquelles nous d&#233;couvrirons des titres du nouvel opus, dont certains &#233;taient d&#233;j&#224; d&#233;voil&#233;s depuis quelques mois sur YouTube, notamment &lt;i&gt;Wah Wah Wah&lt;/i&gt;, qui &#224; lui seul en dit long sur l'&#233;nergie du nouveau Talisco. Enregistr&#233; aux &#201;tats-Unis, J&#233;r&#244;me Amandi enfonce d&#233;finitivement le clou. Apr&#232;s un essai en fran&#231;ais sur l'avant-dernier disque, &lt;i&gt;Cinematic&lt;/i&gt;, il nous avoue d&#233;finitivement qu'il est plus am&#233;ricain que bordelais, chose que nous avions d&#233;j&#224; comprise d&#232;s &lt;i&gt;Capital Vision&lt;/i&gt;, m&#234;me si, avec &lt;i&gt;Setting in Nashville&lt;/i&gt;, J&#233;r&#244;me Amandi penche vers quelque chose de plus roots.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais revenons au concert, qui alternera entre nouveaux titres et anciens, majoritairement issus de l'implacable &lt;i&gt;Run&lt;/i&gt;, s'offrant des relectures plus ou moins r&#233;ussies, mais toujours int&#233;ressantes. &lt;i&gt;Your Wish&lt;/i&gt;, sans le break qui faisait vriller ma fille, m'a quand m&#234;me manqu&#233;. Car comme J&#233;r&#244;me le dira avec un brin d'ironie : &#171; Nous sommes des fous &#187;. On n'&#233;chappera pas non plus &#224; la mont&#233;e de s&#232;ve chez les fanas du &lt;i&gt;Santa Barbara&lt;/i&gt; fran&#231;ais lorsqu'il entonnera le g&#233;n&#233;rique d'une s&#233;rie (&lt;i&gt;Sun&lt;/i&gt;) qui a au moins le m&#233;rite de mettre de la bonne musique dans les oreilles des m&#233;nag&#232;res de moins de cinquante ans nostalgiques de &lt;i&gt;Ch&#226;teauvallon&lt;/i&gt; et d'&lt;strong&gt;Herbert L&#233;onard&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Se l&#226;chant gr&#226;ce &#224; un son plus &#233;pais, maniant avec une rare maestria les harmonies vocales (tout le monde chante chez Talisco, et chante bien), Talisco assume une farouche envie de libert&#233;, une nouvelle &#232;re sans pour autant rejeter le pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PS : mais bordel rangez vos portables pendant les concerts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Brama</title>
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		<description>Cela commence mal. D&#232;s Belou, j'ai peur de me retrouver face &#224; un groupe cousin des polyphonies corses, et j'envisage d&#233;j&#224; de plastiquer mon ordinateur avant d'appeler la police pour un placement psychiatrique. Mais que nenni. Tr&#232;s vite, Brama nous propulse sur une autoroute krautrockienne, au volant d'un tuk-tuk lanc&#233; &#224; pleine vitesse, et l'inqui&#233;tude laisse place &#224; une envie irr&#233;pressible de danser. Le groupe vient de m'avoir. Avec La Raive, Brama imagine un folklore qui n'appartient &#224; personne et (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton10549-32f6c.jpg' width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela commence mal. D&#232;s &lt;i&gt;Belou&lt;/i&gt;, j'ai peur de me retrouver face &#224; un groupe cousin des polyphonies corses, et j'envisage d&#233;j&#224; de plastiquer mon ordinateur avant d'appeler la police pour un placement psychiatrique. Mais que nenni. Tr&#232;s vite, &lt;strong&gt;Brama&lt;/strong&gt; nous propulse sur une autoroute krautrockienne, au volant d'un tuk-tuk lanc&#233; &#224; pleine vitesse, et l'inqui&#233;tude laisse place &#224; une envie irr&#233;pressible de danser. Le groupe vient de m'avoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;La Raive&lt;/i&gt;, Brama imagine un folklore qui n'appartient &#224; personne et semble pourtant venir de partout. L'occitan donne une premi&#232;re piste, mais la langue elle-m&#234;me est chahut&#233;e, malax&#233;e, comme si elle devait se frayer un chemin dans un grand creuset o&#249; les traditions, les &#233;poques et les influences auraient &#233;t&#233; joyeusement m&#233;lang&#233;es. On pense parfois aux chansons cr&#233;oles ou carib&#233;ennes de &lt;strong&gt;Delgres&lt;/strong&gt;, mais celles-ci auraient travers&#233; une f&#234;te de village sous acide avant de s'&#233;garer dans un club krautrock. C'est sautillant, dansant, planant en toile de fond, avec une pulsation qui vous fait bouger le corps pendant que l'esprit commence &#224; perdre ses rep&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La vielle &#224; roue, loin de se contenter d'incarner une quelconque tradition, devient ici un instrument de transe, un orgue liturgique ou une machine &#224; produire des paysages. Les guitares, la basse et la batterie lui r&#233;pondent dans une forme de tension permanente, sans jamais enfermer la musique dans une formule pr&#233;visible. Sur &lt;i&gt;Ad Astra&lt;/i&gt;, nous ne sommes pas chez &lt;strong&gt;James Gray&lt;/strong&gt;, mais nous planons tout de m&#234;me pas mal, la t&#234;te embrum&#233;e &#224; force de tourner sur nous-m&#234;mes sous l'effet de cette musique hypnotique et d&#233;boussolante. Luminar pousse encore plus loin cette sensation : une pi&#232;ce magistrale, quintessence du cool, qui s'installe avec une &#233;vidence presque insolente dans un disque d&#233;j&#224; particuli&#232;rement riche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis il y a &lt;i&gt;Belou de Nuech&lt;/i&gt;, titre hautement addictif, comme si les &lt;strong&gt;Doors&lt;/strong&gt; consommaient des amph&#233;tamines avant de se mettre &#224; une musique m&#233;tronomique dans une vall&#233;e lumineuse et v&#233;g&#233;tale. Une vision impossible, &#233;videmment, mais qui r&#233;sume assez bien le trouble de Brama, une musique qui semble puiser dans des racines anciennes tout en refusant de s'y tenir. &lt;i&gt;L'En Delai&lt;/i&gt; pourrait accompagner le g&#233;n&#233;rique d'une s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e de la BBC des grandes ann&#233;es, mais dans un territoire aux fronti&#232;res grandes ouvertes, o&#249; le pass&#233; et le pr&#233;sent se croisent sans avoir pris rendez-vous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Du Lum&lt;/i&gt;, les &#233;poques se t&#233;lescopent franchement. On retrouve quelque chose de la d&#233;marche de &lt;strong&gt;Bj&#246;rk&lt;/strong&gt; lorsqu'elle installe ses machines au centre d'un volcan islandais : une musique organique et &#233;lectronique, hypnotique, solaire, d&#233;routante, presque irr&#233;v&#233;rencieuse, mais fichtrement coh&#233;rente. Brama ne cherche pas &#224; reproduire un folklore, encore moins &#224; le pr&#233;senter sous vitrine. Le groupe le r&#234;ve, le d&#233;forme, le fait danser jusqu'&#224; ce qu'il devienne autre chose. Une mati&#232;re vivante, travers&#233;e de rythmes, de saturation et de po&#233;sie incantatoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;La Raive&lt;/i&gt; est ainsi un disque qui refuse de choisir entre la f&#234;te populaire et l'exp&#233;rimentation, entre la transe et la chanson, entre la m&#233;moire et l'imagination. Brama ouvre les portes, m&#233;lange les ingr&#233;dients et nous invite &#224; go&#251;ter sans nous r&#233;v&#233;ler la recette. On ressort de cette travers&#233;e un peu d&#233;sorient&#233;, certainement, mais avec une furieuse envie de remettre le disque. Le tuk-tuk est toujours sur l'autoroute, le paysage d&#233;file, et personne ne semble vraiment savoir o&#249; nous allons. C'est probablement ce qui rend le voyage aussi r&#233;jouissant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;border: 0; width: 350px; height: 470px;&quot; src=&quot;https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=1347199226/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/transparent=true/&quot; seamless&gt;&lt;a href=&quot;https://bramamusic.bandcamp.com/album/la-raive-album&quot;&gt;La Raive - Album de Brama&lt;/a&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Alex Botcho</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<description>Chez Alex Botcho, m&#234;me les titres semblent avoir &#233;t&#233; pri&#233;s de rentrer dans le rang, tous commencent par un L. Une lettre &#224; l'angle droit presque parfait, alors que lui tente ici d'arrondir ses compositions habituelles pour se glisser dans quelque chose de plus intime. Comme si, apr&#232;s avoir longtemps regard&#233; le monde avec les nerfs &#224; vif, il avait d&#233;cid&#233; de rentrer un peu chez lui. Les batailles est un hymne d&#233;sabus&#233; mais solaire, celui qu'on pourrait entendre un jour d'&#233;clipse totale, lorsque la (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton10539-9ec44.jpg' width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chez &lt;strong&gt;Alex Botcho&lt;/strong&gt;, m&#234;me les titres semblent avoir &#233;t&#233; pri&#233;s de rentrer dans le rang, tous commencent par un L. Une lettre &#224; l'angle droit presque parfait, alors que lui tente ici d'arrondir ses compositions habituelles pour se glisser dans quelque chose de plus intime. Comme si, apr&#232;s avoir longtemps regard&#233; le monde avec les nerfs &#224; vif, il avait d&#233;cid&#233; de rentrer un peu chez lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les batailles &lt;/i&gt; est un hymne d&#233;sabus&#233; mais solaire, celui qu'on pourrait entendre un jour d'&#233;clipse totale, lorsque la lumi&#232;re dispara&#238;t sans que personne n'ait vraiment renonc&#233; &#224; la faire revenir. Sans grands effets de manche, Alex Botcho y chante le partisan du grand soir, mais d&#233;barrass&#233; de sa fureur. Il reste la col&#232;re, certes, mais surtout l'envie de voir les choses bouger. &lt;i&gt;Laisse-moi te dire&lt;/i&gt; revient quant &#224; lui &#224; l'os, &#224; cette vieille histoire de l'amour qui continue d'exister m&#234;me lorsque l'autre a visiblement d&#233;cid&#233; de ne pas participer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui frappe surtout, c'est cette fa&#231;on de parler du mal de vivre sans jamais lui construire un mausol&#233;e. &lt;i&gt;Le M&#234;me Refrain&lt;/i&gt; avance fatigu&#233;, r&#233;sign&#233; presque, mais avec une l&#233;g&#232;ret&#233; inattendue : on sait que demain ressemblera probablement &#224; aujourd'hui et, malgr&#233; tout, on se l&#232;vera. Une forme de sagesse modeste, sans posture ni grands principes, simplement cette capacit&#233; &#224; accepter ce qui nous &#233;chappe et &#224; continuer malgr&#233; tout. Et lorsque &lt;i&gt;Le Pass&#233;&lt;/i&gt; vient remuer ce que nous aurions pr&#233;f&#233;r&#233; laisser tranquille, entre lutte des classes et doux d&#233;senchantement, on se surprend &#224; sourire. Il y a m&#234;me un petit quelque chose de &lt;strong&gt;Voulzy&lt;/strong&gt; dans cette m&#233;lancolie-l&#224;, mais un Voulzy que l'on aurait enfin le droit de fr&#233;quenter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au fond, ces quatre L dessinent moins une ligne droite qu'un dr&#244;le de petit cercle, les m&#234;mes fatigues, les m&#234;mes d&#233;sillusions, les m&#234;mes envies de changer les choses, mais avec suffisamment d'air entre les mailles pour ne pas &#233;touffer. Alex Botcho ne r&#233;sout rien. Il met simplement quelques chansons l&#224; o&#249; &#231;a coince, et c'est d&#233;j&#224; une jolie mani&#232;re de faire circuler l'air.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;site internet: : &lt;a href="https://www.facebook.com/toolongrecords" class="spip_out"&gt;Toolong Records&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Feutre</title>
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		<dc:creator>Alix de Stermaria</dc:creator>



		<description>&#171; Comme si Brigitte Bardot chantait dans Stereolab &#187;. Adoub&#233;s par un autre BB bien connu des amateurs de pop baroque, Bertrand Burgalat himself, les Bordelais de Feutre nous reviennent avec un second album &#224; la crois&#233;e des chemins, r&#233;v&#233;lant un go&#251;t certain pour la ligne claire (Autour de Lucie), le flegmatisme britannique (Belle and Sebastian) et les arrangements luxueux (Serge Gainsbourg). De telles figures tut&#233;laires pourraient paralyser le trio men&#233; par le bassiste Micha&#235;l Korchia, il n'en est (...)

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&lt;a href="https://www.adecouvrirabsolument.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Labellis&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton10534-39942.jpg' width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Comme si &lt;strong&gt;Brigitte Bardot&lt;/strong&gt; chantait dans &lt;strong&gt;Stereolab&lt;/strong&gt; &#187;. Adoub&#233;s par un autre BB bien connu des amateurs de pop baroque, &lt;strong&gt;Bertrand Burgalat&lt;/strong&gt; himself, les Bordelais de &lt;strong&gt;Feutre&lt;/strong&gt; nous reviennent avec un second album &#224; la crois&#233;e des chemins, r&#233;v&#233;lant un go&#251;t certain pour la ligne claire (&lt;strong&gt;Autour de Lucie&lt;/strong&gt;), le flegmatisme britannique (&lt;strong&gt;Belle and Sebastian&lt;/strong&gt;) et les arrangements luxueux (&lt;strong&gt;Serge Gainsbourg&lt;/strong&gt;). De telles figures tut&#233;laires pourraient paralyser le trio men&#233; par le bassiste &lt;strong&gt;Micha&#235;l Korchia&lt;/strong&gt;, il n'en est rien. Le natif de Sarcelles, crois&#233; au sein de &lt;strong&gt;Mumbly&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Watoo Watoo&lt;/strong&gt; et grand fan de &lt;strong&gt;Felt&lt;/strong&gt; devant l'&#201;ternel, signe des compositions lettr&#233;es tout autant qu'accessibles, dont les introductions particuli&#232;rement soign&#233;es accrochent d'embl&#233;e l'oreille. Un vrai terrain de jeu pour la chanteuse &lt;strong&gt;Elsa Leroyer&lt;/strong&gt;, qui &#233;crit les paroles, et le fin guitariste &lt;strong&gt;J&#233;r&#244;me Excoffier&lt;/strong&gt;, pass&#233; par &lt;strong&gt;Red&lt;/strong&gt;. Aux mots sensibles ou caustiques de la premi&#232;re r&#233;pondent les arp&#232;ges lumineux et motifs hypnotiques du second. En un dialogue permanent, les trois musiciens empilent les strates sonores, tricotent des mille-feuilles harmoniques, dressent la table, puis sans sourciller en retirent brusquement la nappe. Ici, dans ces grands ensembles qui la nuit vacillent au vent, tout est affaire d'&#233;quilibre. &lt;i&gt;&#171; Ouvre les yeux / Regarde le ciel est bleu / Ne regrette rien / Laisse l'amertume aux chiens &#187;&lt;/i&gt;. Oscillant entre pop ultra-catchy (&lt;i&gt;L'indocile&lt;/i&gt;), ballades rapides (&lt;i&gt;Essentiels&lt;/i&gt;) et ritournelles sixties (&lt;i&gt;31 d&#233;cembre&lt;/i&gt;), ce nouvel opus &#8211; teint&#233; de funk (&lt;i&gt;Adam&lt;/i&gt;), d'easy listening ou de western (&lt;i&gt;Gold mine&lt;/i&gt;) &#8211; rappelle qu'en mati&#232;re de pop oblique, Feutre &#8211; fort d'ind&#233;niables capacit&#233;s techniques ainsi que d'une app&#233;tence sinc&#232;re pour le vintage &#8211; s'impose avec classe. L&#233;ger b&#233;mol, les m&#233;lodies vocales. Parfois monotones, elles manquent de relief et suivent un peu trop sagement la grille d'accords. Jurisprudence &lt;strong&gt;L&#230;titia Sadier&lt;/strong&gt; oblige : c'est le registre qui veut &#231;a &#8211; il faut y voir non pas une limite, mais un hommage &#224; une &#233;poque r&#233;volue, que ravive avec talent le trio bordelais. En &#233;rigeant un pont entre chanson fran&#231;aise r&#233;tro et indie pop anglo-saxonne, Feutre signe un disque &#233;l&#233;gant, habilement perch&#233; entre l&#233;g&#232;ret&#233; surann&#233;e et ma&#238;trise formelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;site internet: : &lt;a href="https://lesdisquesmaladroits.bandcamp.com" class="spip_out"&gt;Les disques maladroits&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Elias Dris</title>
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		<dc:creator>Alix de Stermaria</dc:creator>



		<description>&#171; J'ai l'impression d'&#234;tre un Neil Young poss&#233;d&#233; par le fant&#244;me d'une actrice qui hante Sunset Boulevard &#187;. C'est en ces termes imag&#233;s qu'Elias Dris d&#233;crit son r&#234;ve am&#233;ricain, lui qui &#8211; &#224; Nevada City, une dizaine d'ann&#233;es auparavant &#8211; s'&#233;tait adjoint les services de Tom Menig, le p&#232;re d'Alela Diane, pour enregistrer un premier opus p&#233;tri de folk, Gold In The Ashes (2017). Au gr&#233; de collaborations &#233;clair&#233;es (Morgane Imbeaud) et d'un deuxi&#232;me album plus pop (Beatnik Or Not To Be, 2019), la silhouette &#8211; &#233;l&#233;gante, (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton10529-c4272.png' width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; J'ai l'impression d'&#234;tre un Neil Young poss&#233;d&#233; par le fant&#244;me d'une actrice qui hante Sunset Boulevard &#187;. C'est en ces termes imag&#233;s qu'&lt;strong&gt;Elias Dris&lt;/strong&gt; d&#233;crit son r&#234;ve am&#233;ricain, lui qui &#8211; &#224; Nevada City, une dizaine d'ann&#233;es auparavant &#8211; s'&#233;tait adjoint les services de &lt;strong&gt;Tom Menig&lt;/strong&gt;, le p&#232;re d'&lt;strong&gt;Alela Diane&lt;/strong&gt;, pour enregistrer un premier opus p&#233;tri de folk, &lt;i&gt;Gold In The Ashes&lt;/i&gt; (2017). Au gr&#233; de collaborations &#233;clair&#233;es (&lt;strong&gt;Morgane Imbeaud&lt;/strong&gt;) et d'un deuxi&#232;me album plus pop (&lt;i&gt;Beatnik Or Not To Be&lt;/i&gt;, 2019), la silhouette &#8211; &#233;l&#233;gante, myst&#233;rieuse, &#233;ternellement juv&#233;nile &#8211; d'Elias s'est impos&#233;e dans le paysage musical fran&#231;ais. Mais il s'av&#232;re que celui qui a grandi en banlieue parisienne n'en avait pas fini avec la Californie. Cette fois, point de folk &#224; l'horizon, mais une vision &#8211; en cin&#233;mascope. S'ouvrant sur la majestueuse complainte orchestrale Los Angeles, d'une classe folle et que magnifie le chant androgyne d'Elias, &lt;i&gt;Pearl&lt;/i&gt; semble marcher sur les pas de &lt;strong&gt;Lana Del Rey&lt;/strong&gt;. Ambiances capiteuses (&lt;i&gt;Precious&lt;/i&gt;), lentes ballades arp&#233;g&#233;es (&lt;i&gt;The End of the World&lt;/i&gt;), go&#251;t du clair-obscur, du vaporeux, de la th&#233;&#226;tralit&#233; sans affectation : par tant de gr&#226;ce l'on se laisse happer. Malheureusement, quand Elias s'aventure dans une sorte de soul &#233;lectronique &#224; la &lt;strong&gt;Billie Eilish&lt;/strong&gt; (la bouillie &lt;i&gt;Bitches Like Us&lt;/i&gt;), le souffl&#233; magique retombe, la faute &#224; un flow bien trop contemporain, qui ab&#238;me la si puissante litanie &lt;i&gt;Killed My Fun&lt;/i&gt;, drap&#233;e d'orgue et de mellotron, la ballade minimaliste &lt;i&gt;The Void&lt;/i&gt; (la voix trafiqu&#233;e, verboten) ou un &lt;i&gt;Bad Movie&lt;/i&gt; dont l'introduction prometteuse rappelait Chris Garneau, avant de sombrer dans un dispensable mood RnB 2.0. Rageant. L'air du temps, difficile d'y &#233;chapper. Voil&#224; pourquoi la ritournelle &lt;i&gt;California Blue&lt;/i&gt; fait du bien &#8211; elle ne c&#232;de &#224; aucun tic de son &#233;poque. Et non, il ne s'agit pas d'une reprise de &lt;strong&gt;Roy Orbison&lt;/strong&gt;. Ces quelques errements ne sont que d&#233;tails eu &#233;gard aux nombreuses qualit&#233;s du troisi&#232;me album d'Elias Dris, mais ils sont d'autant plus aga&#231;ants qu'ils renforcent l'impression que l'on n'est pas pass&#233; tr&#232;s loin d'un disque de chevet automnal. Malgr&#233; quelques scories, &lt;i&gt;Pearl&lt;/i&gt; reste un &#233;crin pr&#233;cieux, dont l'&#233;clat confirme le talent rare de son auteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe data-testid=&quot;embed-iframe&quot; style=&quot;border-radius:12px&quot; src=&quot;https://open.spotify.com/embed/album/5UIWIKk4BysFnxnyDYFP1S?utm_source=generator&amp;si=efa075070c384a19&quot; width=&quot;100%&quot; height=&quot;352&quot; frameBorder=&quot;0&quot; allowfullscreen=&quot;&quot; allow=&quot;autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture&quot; loading=&quot;lazy&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;site internet: : &lt;a href="https://eliasdris.fr" class="spip_out"&gt;Hungry Poet&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quanderers</title>
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		<description>Je suis toujours un peu inquiet quand on me pr&#233;sente un disque comme celui d'un &#171; super groupe &#187;. J'ai imm&#233;diatement peur de devoir admirer avant m&#234;me d'avoir &#233;cout&#233;, et surtout de retrouver cette guitare majestueuse qui prend toute la place, comme si elle avait pay&#233; le loyer. Apr&#232;s le tr&#232;s touchant dernier album de The Durutti Column, j'avais donc une certaine appr&#233;hension &#224; l'id&#233;e de replonger dans ce genre d'exercice. Puis j'ai commenc&#233; &#224; &#233;couter Bright Madness comme j'&#233;coute souvent ce type de disque : (...)

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&lt;a href="https://www.adecouvrirabsolument.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Labellis&#233;s&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='https://www.adecouvrirabsolument.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton10547-267ac.jpg' width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis toujours un peu inquiet quand on me pr&#233;sente un disque comme celui d'un &#171; super groupe &#187;. J'ai imm&#233;diatement peur de devoir admirer avant m&#234;me d'avoir &#233;cout&#233;, et surtout de retrouver cette guitare majestueuse qui prend toute la place, comme si elle avait pay&#233; le loyer. Apr&#232;s le tr&#232;s touchant dernier album de &lt;strong&gt;The Durutti Column&lt;/strong&gt;, j'avais donc une certaine appr&#233;hension &#224; l'id&#233;e de replonger dans ce genre d'exercice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puis j'ai commenc&#233; &#224; &#233;couter &lt;i&gt;Bright Madness&lt;/i&gt; comme j'&#233;coute souvent ce type de disque : en isolant les instruments, en recommen&#231;ant plusieurs fois, en essayant de comprendre ce que chacun raconte avant de remettre tout le monde dans la m&#234;me pi&#232;ce. Sauf qu'avec &lt;strong&gt;Wendy Eisenberg&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;David Grubbs &lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Kramer&lt;/strong&gt;, &#231;a ne fonctionne pas vraiment. Les trois semblent s'aimanter tout en donnant constamment l'impression d'&#234;tre chacun dans leur monde. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette contradiction qui me pla&#238;t : impossible de savoir qui m&#232;ne r&#233;ellement la danse, et peut-&#234;tre que personne ne le sait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Neuf chansons, neuf th&#232;mes, et parfois cette sensation que l'album pourrait gentiment vous pousser vers une forme de l&#233;thargie. Je commen&#231;ais d'ailleurs &#224; me demander si je n'allais pas m'installer confortablement dans l'ennui lorsque &lt;i&gt;Theme for Nihilogisms&lt;/i&gt; est venu me tirer par la manche. Le monstre de l'album. Un titre qui semble h&#233;siter &#224; sortir de son terrier, puis se tra&#238;ne dans des couloirs humides et des impasses sordides, &#233;clair&#233; seulement par quelques arp&#232;ges subtils et presque miraculeusement lumineux. Pantagru&#233;lique par sa dur&#233;e, fam&#233;lique et asc&#233;tique dans sa construction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut parfois &#233;couter ce qui se passe derri&#232;re les lignes principales, ce petit bruit qui vient contrarier la belle m&#233;canique. &lt;i&gt;Theme for the Glacier Within Him&lt;/i&gt; fonctionne ainsi pour moi comme un pr&#233;cis de d&#233;construction &#233;crit sur les bases d'un manuel de math&#233;matiques que personne n'aurait jamais publi&#233;. On croit avoir compris o&#249; le morceau veut aller, puis quelque chose se d&#233;cale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est finalement ce que je retiens de &lt;i&gt;Bright Madness&lt;/i&gt;. Un disque qui ne cherche pas tellement &#224; imposer sa folie qu'&#224; la laisser s'installer doucement, entre trois musiciens qui semblent parfois jouer ensemble et parfois dans trois pi&#232;ces diff&#233;rentes. Et moi, au milieu, &#224; recommencer mes &#233;coutes instrument par instrument, sans &#234;tre certain d'avoir trouv&#233; la bonne porte d'entr&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;border: 0; width: 350px; height: 470px;&quot; src=&quot;https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=2468517528/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/transparent=true/&quot; seamless&gt;&lt;a href=&quot;https://squanderersofficial.bandcamp.com/album/bright-madness&quot;&gt;Bright Madness de SQUANDERERS&lt;/a&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;site internet: : &lt;a href="https://www.dragcity.com" class="spip_out"&gt;Drag City&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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