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Dans quelques années, quand une chaire d’indie rock-music s’ouvrira au collège de France et que les premiers travaux de thèse de doctorat se verront encadrés par les Pierre Briant de la musique sans concession (ou presque), nul doute que certains de ces travaux porteront les titres évocateurs de " De l’usage de l’eye-liner dans le revival new-wave du début des années 2000 : l’exemple de The Bravery " ou encore " Noms de formations composés de trois mots et excellence musicale au XXe siècle ". Au fil des quelques tomes qui constitueront le corps de cette dernière analyse, quelques noms surgiront alors : My Bloody Valentine, Yo La Tengo, Young Marble Giants, Elmer Food Beat (euh, non finalement). Et dans les derniers chapitres : Alamo Race Track. Le très aérien quatuor hollandais signe en effet un album, Birds At Home, pour le nommer, patiné de la classe des plus grands. En treize chansons pas moins, Ralph Mulder, vocaliste protéiforme et talentueux, entraîne les siens dans une exploration sans boussole d’une géographie sonore que l’on pensait pourtant maîtrisée. Alamo Race Track pose ainsi le pied sur des continents pop modernes dont il redécouvre la virginité. Il s’empresse alors d’y planter un titre étendard, " Happy Accidents ", qui m’accompagne depuis quelques semaines sur le rythme d’un passage toutes les deux minutes. Aussi paradoxal que le titre ne le laisse supposer, ce morceau aux accointances pop électriques marquées se mue en une soul pour canapé moelleux le temps de quelques mesures et pour mieux laisser un refrain entêtant porté par un chant perché rompre ce confort. Mulder et les siens n’accordent en effet qu’un crédit très limité à la sérénité. Tête de pont de l’album, " Happy Accidents " n’en est pourtant pas l’aboutissement. Ce petit monde se met alors à nouveau en marche et taille tous azimuts dans la mangrove. Nos quatre Amstellodamiens y redécouvrent des vestiges pixiens (" Life Is Great ", " Trunk ") ou les cartes tracées au couteau sur la pierre par l’équipe de chercheurs précédents menée par le Dr Barman ("The Low End "). Las de constater que le corps impose du repos quand l’esprit continue sa marche en avant, Alamo Race Track fixe son camp de base et allume un feu qui les garde des démons (" We Like To Go On ", préparez vous dores et déjà à foutre en l’air votre t-shirt Bloc Party flambant neuf qui devrait rendre les armes sous les flots de bières tièdes et de mauvaise sangria déversés par la foule des premiers rangs frénétiques à l’écoute de cette saillie power-pop dans les festivals d’été). Avant le sommeil, le groupe se lance dans un blues-rock fédérateur (" Wild Bees ") et entame son tour de garde aux sons d’un " Life Like Fire " planant. Puisque l’époque est aux jeux de mots foireux circa 80’s et à l’almanach Vermot ressuscité par la grande figure de la 1ère compagnie (comprenez Jean Roucas), on conclura sans honte : ils sont forts Alamo. Et on sera loin de la vérité…




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