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A l’occasion de la sortie de son puissant « Saint Sébastien », nous avons proposé à France de Griessen une carte blanche. Travaillant le fond comme la forme avec une liberté et une insoumission qui lui ressemblent, d’une belle générosité, France nous livre ici les clefs de ses amours musicaux. Miss World !

Johnny Cash « Singer of Songs » « I’m not a great man. I don’t claim to be.

But when I meet my Maker and He questions me,

I won’t hang my head. I’ll stand proud and strong

and say, "I was a singer. Lord, I was a singer.

Yes, I was a singer of songs. »

Cette chanson parle de pourquoi nous sommes là. Evidemment, je m’identifie à cette chanson, et elle me remet bien dans mes bottes quand ma vie est difficile. Je suis là pour faire des chansons, et pour être artiste. Chez Johnny Cash, il n’y a aucune prétention, au contraire, il fait humblement ce pourquoi il est là. Et c’est d’être fidèle à cela qui fait sa fierté.

Pour continuer dans la country, un autre de mes favoris est Kris Kristofferson, et particulièrement cette chanson « To Beat the Devil » « You see, the devil haunts a hungry man,

If you don’t wanna join him, you got to beat him.

I ain’t sayin’ I beat the devil, but I drank his beer for nothing.

Then I stole his song. »

« Voyez-vous, le diable vient hanter l’homme affamé,

Si vous ne voulez pas vous joindre a lui, vous devez le battre.

Je ne dis pas que j’ai réussi à le battre, mais j’ai bu sa bière sans la payer,

Puis j’ai volé sa chanson. » Dantzig « Devil’s Plaything »

Une des plus belles voix du rock. Je rêve de chanter avec lui… Nico « Chelsea Girl live at the Chelsea Hotel » feat. Joe Bidewell Pour cette version noisy de « Chelsea Girl », Nico est accompagnée par le guitariste Joe Bidewell. Indéniablement pour moi la meilleure et la plus intéressante version de la chanson. J’aime tellement l’interprétation de Joe Bidewell que je l’ai trouvé sur Internet en 2011 et que je lui ai offert mon précédent album « Electric Ballerina » ! Gene Vincent « The day the world turned blue » Une petit comptine dont la naïveté pourrait rappeler Buddy Holly, mais beaucoup plus mélancolique et sombre dans son thème. Un souffle, une fébrilité et un éraillement dans la voix dont il a par ailleurs une superbe maitrise… Une légende. « A pill, i thought everything was funny

A pill, and i thought our walks were sunny

Look what they’ve done to you

I swear i never knew

The day the world turned blue

The day the world turned blue... » The Mission « Raising Cain » Le son noise, la voix presque sous-mixée, ce son goth-rock sensuel. Comme « Romeo’s Distress » de Christian Death

« Raising Cain » fait partie de mes morceaux préférés dans cette famille musicale aux nombreuses ramifications, ainsi que Bauhaus « Exquisite Corpse » Les musiques reliées au mouvement goth sont pour moi parmi les plus créatives, on y trouve tellement de trésors ! Sans compter que j’apprécie beaucoup cette esthétique et toute la mode qui en est inspirée.

Marianne Faithfull « Incarceration of a Flower Child » J’ai eu la chance de voir plusieurs fois Marianne Faithfull en concert, au théâtre et au cinéma, et j’ai le cœur en fête à chaque fois que l’on annonce de nouveaux shows. La métamorphose de sa voix et de son répertoire au fil du temps est assez dingue, et j’aime toutes ses périodes. « Do you remember me ? How we used to be helpless and happy and blind ?

Sunk without hope in a haze of good dope and cheap wine ?

Laying on the living-room floor on those Indian tapestry cushions you made

Thinking of calling our first born Jasmine or Jade. »

Haze : Atmospheric moisture, dust, smoke, and vapor that diminishes visibility.

2. A vague or confused state of mind.

Ce fut toujours important – et parfois négatif, parfois positif- pour moi d’être à certains moments dans un état confus, vague, vaporeux ; et cette chanson évoque parfaitement la sensation. Jivaros Quartet « A thousand miles from Dover »

J’ai découvert ce groupe récemment, en cherchant si de nouvelles vidéos de Juliette et les Indépendants auraient été mises sur youtube. Je suis tombée sur les archives de l’émission « Indies » de Sylvain Bergère – fantastique découverte, j’aimerais beaucoup en savoir plus sur ce réalisateur – et il y avait ce groupe, Jivaros Quartet. J’ai acheté l’album direct. Fantastique disque. The Dukes « Nothing in this world » The Dukes est le projet de François « Shanka » Maigret et de Greg Jacks. Ils vont sortir un nouvel album en mai. « Sweet songs with unsweet sounds », c’est intraduisible, mais c’est ce qui décrit le mieux leur pop émotionnelle et puissante, avec de grosses guitares qui envoient !

« Won’t you tell me

You’ll get nothing in this world

Won’t you tell me

There is nothing for me here

Don’t you see it

We are millions now

We are millions now »

C’est habituellement Shanka qui écrit les textes des Dukes, mais pour ce titre, c’est moi. Une collaboration dont je suis fière.

Marylin Manson « The man that you fear »

J’avoue ne pas comprendre par quel truchement « The God of Fuck » chante actuellement en duo avec Avril Lavigne... Je ne compte plus les fois ou j’ai vu Marylin Manson en concert, et il pourrait chanter le générique de l’infâme série sur les Kardashians qu’il resterait toujours à la place qu’il occupe dans le cercle de mes artistes fétiches. Il a une voix absolument magnifique, aussi riche que celle de Johnny Cash dans l’émotion et la force qu’elle véhicule quoique dans des sphères bien différentes évidemment ! Je termine avec Jeffrey Lee Pierce. Punk Blues. Un ange. Jeffrey Lee Pierce & The Gun Club « Promise me - acoustic » The Gun Club « Idiot Waltz »

Crédit photos : Richard Dumas



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