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Sorti fin 2012 chez We are Unique ! Records, Lumière d’en bas n’est chroniqué qu’aujourd’hui sur ADA. Ce n’est pas un hasard : le disque n’a pas fait l’unanimité dans nos rangs. Bien que j’en sois l’un des soutiens les plus fervents au sein de l’équipe, je comprends.

Je comprends que la magie de Midget ! n’opère pas nécessairement auprès de toutes les oreilles/cerveaux/coeurs/jambes. D’ailleurs, mon hypothèse est que le duo français accorde bien peu d’importance au grand nombre, voire à l’aspect fédérateur ou non de leur musique : à mon avis, Midget ! joue avant tout pour soi. Attention, je n’ai pas dit qu’il nageait dans un vase clos : si l’on adhère, on flotte forcément à leurs côtés, on ressent ce qu’ils partagent, on communique, même. À l’écoute de Low water, Les mailles ou Sleepwalker, je me surprends régulièrement à leur sourire.

Disons donc que Lumière d’en bas s’adresse à une personne. Rencontrée il y a quelques années, Lisa Germano m’avait marqué en affirmant qu’au fond, elle n’avait pas l’impression de faire de la musique pour un public, aussi restreint fût-il, mais plutôt pour un individu. Si sa chanson touchait aussi profondément que dans son intention de départ UNE personne, alors son pari était gagné. Je pense que Midget ! est de cette trempe.

Ce qui est également manifeste dans leur musique, c’est l’écriture à deux. La recherche constante du lien, du ’et’ entre Claire et Mocke. Certes, l’un comme l’autre ont une vie avant Midget ! et savent l’utiliser comme l’outil qui fait prendre ce ciment, mais c’est réellement le présent qui compte, l’interstice que l’on voit naître, la complicité qui émerge de l’interaction entre les voix et les guitares, souvent doubles. Les arrangements ne s’y limitent pourtant pas, contrairement à la formule qu’ils appliquent en concerts (hautement recommandés aux amateurs de moments de grâce). Claviers discrets, boîtes à rythmes savamment dosées (parfois presque à l’excès, paradoxalement) : les effets rappellent que nous ne sommes pas exactement devant la récolte de la dernière pluie.

Chronique tardive oblige, beaucoup de jolies choses ont déjà été écrites sur Lumière d’en bas. L’ombre de Holden, l’influence bien assumée de Françoise Hardy (on a d’ailleurs peu fait ressortir celle de Linda Perhacs, assez apparente à mon goût, la virtuosité de Mocke, l’un des meilleurs guitaristes français, façon doigts-dans-le-nez-mais-humble.

J’ajouterais simplement que, pour qui souscrit, ce disque est un appel à la ré-écoute. C’est devenu un cliché d’écrire ça, je vous épargne le couplet sur l’immédiateté contemporaine, la consommation tout ça, mais il faut avouer qu’un album aussi inépuisable et tenace aux écoutes multiples fait du bien. En tout cas, me fait du bien, à moi.

http://www.uniquerecords.org/player/?ply=audio&id_lp=74 (album en écoute)




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