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Bonheur aléatoire : recevoir un mail d’un groupe que nous ne connaissons absolument guère, télécharger le disque et s’en remettre à une biographie citant The KVB, Cabaret Voltaire ou The Cure. S’attendre à un énième succédané cold-wave ou post-punk, mais non : il y a, chez Des Ames Libres, une incroyable capacité d’assimilation permettant à ce premier album de s’affranchir de toutes marques déposées. Cold-wave ? Gothique ? Front-wave ? Oui, peut-être. Mais ce trio possède une personnalité et des idées musicales tellement affirmées que la première impression batcave ne résiste pas aux écoutes suivantes. Certes, un titre tel que « Twenty Thousand Mile » rameute les ombres polaires de KVB, Sisters Of Mercy ou Neu !, de même que la rythmique d’ « Electricity » rappelle le « It’s No Good » de Depeche Mode… Mais finalement qu’importe : en se laissant aller à un aspect indus, en dérivant parfois vers des idées krautrock, Des Ames Libres ne tombe jamais dans le passéisme ni ne semble réciter les naïves leçons des vertes années.

Musique mutante qui place sur un même pied d’égalité les synthés crades et les guitares tortueuses, Des Ames Libres n’en conserve pas moins une accroche mélodique, un point de repère. Fonçant dans le sonique comme dans les vocalises limite incantatoires, cette musique fiévreuse ne triche jamais avec l’auditeur : le superbe mix de l’album donne un sacré relief à des chansons intimistes, voire autarciques ; les recherches chimistes n’empêchent nullement la montée d’adrénaline (« Let Them All Go Die In Hell ») ; le mur du son ne se conçoit guère autrement que dans une évidente clarté (Des Ames Libres : un grand groupe pop avec plein de bruits dedans) ; le passage de l’anglais au français brouille les repères (on préfère néanmoins la langue british tant le français, à moins d’utiliser un gimmick répétitif, ne colle pas trop au élans shoegaze)…

Des Ames Libres appartient finalement à un au-delà noisy destroy. Tels I Love You But I’ve Chosen Darkness ou The KVB, Des Ames Libres s’autorise des variantes post-rock combinées à une soif d’écriture ciselée (comme en témoigne « One Day », plus beau titre de l’album). Conséquence : le trio propose une musique aussi sensorielle que réfléchie, instinctive mais murement pensée, dévergondée mais très harmonique…




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