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Je viens de vivre une expérience , comment dire, dédoublement de personnalité, extracorporelle, je ne sais pas encore ce qu’il c’est passé, j’étais en Suède avec les chaotiques mélodistes de Scraps of tape, une fois achevée l’odyssée, je me laissais prendre la main par une finlandaise obscure qui m’avoua ces terres australiennes et son sang parisien, je passais de la bête a la belle en une douce chute, heureuse danse lente de faubourgs, aux instruments murmurés par des peaux, des chairs, je passais des machines aux végétaux, des oxydes aux larmes, des rages aux douleurs.

Inga est nom de lueurs qui survivent on ne sait comment dans les fin fonds de nos nostalgies, nos dégouts amoureux, nos vastes plages d’enfances, et la voix de nos millions de mères nous prévenants des misères à venir si le mal, si le mal. Inga pose délicatement sa main sur la roche a côté d’elle, nous invitant a s’assoir un instant au bord de son monde, parfois si semblable aux nôtres, nous invitant a ce certain amour qui mouille les vallées de nos peaux, nous invitant a ce parfait paysage, ce rêve qui nous réveille, nous invitant a valser sagement sur sa voix, pure, frêle, brisée autant qu’impériale, sans sursauts sinon, parfois, le relief de souvenirs agités, une joie, une question, on ne sera jamais vraiment tout ce a quoi correspond l’art de Inga, tant les émotions peuvent être nombreuses sur le fil d’une ritournelle, tant la lumière de sa voix nous baigne dans l’ombre des sensations, l’art de Inga, ai-je dis, cette manière de peindre impressionniste, touche de couleur a touche de couleur, jusqu’à trouver dans l’ensemble de la vision le lieux de nous, l’endroit de tous, cet espace facile aux mélodies, simples sons, supports humain d’un mythe naissant, petites notes brillantes, dont les rayons émeuvent les profondeurs, les tristesses, ces bassesses qu’on garde comme précieux collier, sans jamais les montrer. Inga montre ses faiblesses, ses défaites, ses fines lamentations d’un jour, ou du suivant, ou d’hier.

Inga est toute simple, laissant le fard pour les photos, une voix qu’un corps pose sur piédestal, un instrument de sens, une conteuse d’elle qu’on désire adopter comme légendes nôtres, chantant sa petite vie belle comme on murmure des je t’aime, avec timidité, une légère crainte d’un non, une peur de brusquer, un talent naïf, une touche de peinture qui a á peine frôlée nos toiles. Alors, si vous voulez reposer vos esprits des duretés des métaux, prenez cette main suédoise, australienne, française, ou, plus sagement, asseyez-vous d’où elle voudra vous montrer le monde, son délicat monde.




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