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Je réponds à la demande par mail :

Ok « X », envoyez moi le lien et je vous raconte, les canadiens sont souvent intéressants »

Et puis j’écoute, les canadiens sont aux Amériques ce que les irlandais sont a la Commonwealth, la partie bohème et sensible, la zone créative, la part de l’art. Il n’y a qu’a voir les dernières productions de ces nordistes, au-delà des Arcade Fire, les Danko Jones, Tea party ou Hidden cameras ou la précieuse voix de Sam Roberts et les inoubliables Cowboys Junkies, Spoons etc.… Avec un peu de honte, je citerai même à Glass Tiger, puisque c’est le premier vinyle canadien que j’aie acheté (la jeunesse à ses erreurs, je ne savais pas me décider entre U2 et Europe, surement). Les canadiens sont comme les irlandais, ils ne font jamais des choses comme il faut les faire, mais comme ils en ont envie. Et puis j’écoute, disais-je, et bang, uppercut, mondes multidimensionnels ou que sais-je encore, l’incompréhension totale, et ça, ce n’est que le début, le sensationnel début de tout plaisir.

Le mot qu’on utilise en Espagne est très expressif, « Vendaval », un vent qui emporte tout, toute notion de lieux, de logique. Ma culture est incapable de citer un lieu de naissance de cette musique, ni une idole qui aurait donné pieds a cette hystérie, et tout comme les déjà cités Arcade fire, des touche a tout insatiables viennent de briser mon idée préconçue de ce que doit être un bon disque. Bien sur c’est rock, bien sur c’est pop, bien sur c’est folk, bien sur indie, heavy, ce que vous voulez, c’est juste un œuvre expressionniste, faite d’envie réalisées. Donnez a des marmots de dix ans des instincts musicaux et surement que cette pléiade de gringalets vous offriraient quelque chose de ressemblant a ça, du plaisir, créer du plaisir. Chaque chanson semble alors une envie portée a son apogée, un « tiens, aujourd’hui j’aimerais un Springsteen avec des goutes indies un peu Hives » et vlan « If this dance catches on » et demain je vous balance du Radiohead avec Abba, surprenant au plus, frais, avec cette dosette sucrée et cette dose d’acide, cette pincée de cambouis et ce zeste de Casimir et l’île aux enfants. Suivez-vous ma description ? Savez-vous de qui je parle ? De cet étrange et terriblement libre groupe « Mounties », irrévérents, doux fous qui dansaient surement dans les eighties sur les rocks si rythmés d’Inxs et flirtaient sur les slows des Smiths, et puis rentraient chez eux où leurs pères n’écoutaient que les Beatles et leurs maudits sous-marins qu’on voulait couler a coup d’hymnes hippies. Je crois même avoir percé quelques gestes jazz, je crois qu’en un an d’écoute j’y trouverai surement des touches de Simon and Garfunkel et d’autres oiseaux du ciel musical, je crois fermement que pour eux, faire un disque c’est prendre son pied, s’éclater dans tous les sens, et avoir le don que cela soit audible, les Clash avaient ce don, les Rollings adolescents aussi, et les Beatles préretraités aussi. Le jeu n’est pas seulement de nous surprendre (ils gagnent facilement), mais de nous plaire, et comme ils touchent a tous les styles, tôt ou tard, d’un son, d’un rythme, d’un détour de voix, d’une mélodie, d’un excès ou d’une dance, ils vous séduiront.




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