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Nous sommes Jean Martial-Guilhem et Cyrille Poumerie et nous formons Hypersensible. Cyrille joue dans Red Space Cyrod, Tadash et en solo dans Cyrod Iceberg, Jean a formé International Hyper Rythmique.

100 milles mails commencent ainsi, au long d’une année, parfois le nom repousse, parfois la biographie est insensé, ou trop sensé. Parfois le jour n’a pas donné l’envie, et le jour d’après il est déjà si tard, pourquoi s’attarder. Après on comprends a première vue les paternes, les logiques des vies de groupes, ceux qui se sont croisés dans des studios, ceux qui ont grandit ensembles autour de la platine, ceux que les labels unissent, ceux que l’amour trafique, il y a une monotonie difficile a crever, il y a des millions de raisons pour perdre une perle, égarer un possible éclat, se tromper sur l’importance, on fait confiance a des labels, a des amis de belles oreilles, mais au bout du compte, on ne sait jamais ce qui entame la critique, avant même le son, quel est le déclic ? On écoute, c’est une question de hasard, mais le hasard est la fortune du croyant, et parfois, au premier mot, même si on l’a lu plus de fois que nos numéros d’identité, on s’arrête, on prête l’attention, on s’envole…. Tout, après tout, n’est que la décision d’un frisson sur l’instant.

Bêtement, le fait que les caractères du nom soient des caractères gras qui m’a soufflé. Ces gens là croient en eux, allez, balance le son.

Le premier regard est un son, et ce premier son est une atmosphère riche, peaufinée comme la démarche de ducs et autres baronnes, ce que l’on nomme élégance, la cadence, le poids du son qui alourdi le monde, pressionné nos états d’âme, et engendre un univers auditif al fois caressant, hypnotique, sombre et puissant. Il y a là une jeunesse cold, froide comme les cités d’alors, le mur du garage des répétitions, le gris du plafond d’une école, lycée, université a Paris, A Toulouse, qu’importe, qui oblige l’exil des idées, l’ailleurs de la création. Ils ont le nom, ils l’ont trouvé tout prêt d’eux, ils savaient que c’était là, ça leur collait a la peau, ils l’écrivent en gras, helvétique gras, quand on sait où l’on va, on n’hésite pas, on écrit les lettres plus en noir, la sensibilité de l’alphabet. Ils ont le nom, fiers et surs d’eux, ce n’est pas leur premier pas, ils sont dans ce monde depuis tout petits, la musique, vous savez, est chose innée. « Hypersensible ». Il faut avoir du coffre pour titiller les gens ainsi, l’hypersensibilité n’est pas aisée, et la propager est labeur dure. Autant dire tout de suite que leur musique et leurs mots expliquent le pourquoi du comment, les symptômes sont là, frissons, absorptions, transportation…et plaisir, obscur, certes, mais plaisir. La chair explique, entre Interpol ou National, la raison de la folie, et décline le verbe approfondir en profondes images. Au-delà de cette notion de froid, traine la merveilleuse migraine d’un Murat nostalgique de langue maternelle, cette petite douleur qui crée sans arrêt mots et sons, imbriqués, pièces d’engrenages intimement soudées, on appelle cela poésie, elle peut être sonore ou verbale, elle est. Au-delà des machines, des électrons libres sous la tôle, il y a la simplicité d’un « Popom-popom, popom-popom » traduction libre d’un cœur en marche, la traduction forcée étant matrice de morceaux élégants mais vifs, cinglants, dans leurs ambiances humides, spleen muni de rictus acide de guitare-héros, qui n’oublie ni le rock ni la soie ni le choc, ni la caresse, et revêt des habits de lumière pour mieux avancer dans le tunnel, cessant brusquement dans une basse jazz, le carnaval hideux qui rend les enfants heureux, mais effraie les adultes « Ce petit rien » qui est tant, cette « Nuit » si dense et riche, que l’on sait, que l’on apprend que le hasard de poser le regard sur des caractères gras, est une bénédiction sonore. Alors le soir, au retour d’un boulot qui ne sera jamais notre, on retrouvera l’écran, l’adresse de quelqu’un virtuel, et des dizaines de messages proposant des musiques, on se dira qu’avec un peu de chance, on dénichera là un autre vilain plaisir, comme le soir d’avant, en cherchant un détail dont on ne sait rien, mais qui nous donnera tout, tout ce dont on a besoin pour être heureux, la chair de poule, l’hypersensibilité.




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