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Faire de l’abstraction un bain dans lequel on trempe l’histoire, celle avec un grand H, en attendant que son corps en sentant les effluves de cette infusion, perde ses repères et se laisse dominer par l’émotion, et les spasmes ravageurs de cette rythmique parfois martiale (saint marie) et militaire. Piano Magic est comme un enfant soufflant sur le reste d’un pissenlit, laissant partir ces particules blanches suivant les courants, sans parler de vent, simplement surfant sur une autoroute gazeuse donnant aux étoiles éphémères des allures de libellule (the unwritten law). Mélange à la composition inconnue dans ses proportions, piano magic invite le velvet chez my bloody valentine (speed the road rush the lights) picore dans le fond d’une nymphe (help me warm this frozen heart) les dernières cuticules de silence et interroge son passé (i am the teacher’s son) pour mieux émouvoir le présent, le faisant pleurer d’être un stade éphémère car celui ci n’aura pas la perpétuité du passé et la vue longue du futur. Mais piano magic est un groupe de passé, pas du passé, de passé ou de passeur. Corrigeant les écarts de langages parfois trop convenue (the end of a dark tired year) piano magic, crispe la main sur une lame aiguisée pour mieux la tordre, en faire un outil de vibration, donnant à cet air porteur des raisons de porter (the tollbooth martyrs) ces particules du présent vers la passé. On aura beau chercher les monstres et les fantômes, ils seront tous sous une couette (when i’m done, this night will fear me) rêvant d’hier (Luxembourg gardens) comme d’un passé bien présent (comets). Piano magic ou le présent décomposé dans un champs blanc de pissenlits....