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L’oreille est quand même un organe étrange, à moins que ce soit toute la mécanique de décodage qui se trouve derrière qui le soit, ou plus encore la salle des machines des sensations des sentiments et du ressenti de ce que l’on entend. Dans mon cas, je crois que je suis la personne la plus à même d’essayer de comprendre ce qui peut bien amener mon oreille à me faire faire des fausses routes, mes oreilles sont équipés à la fois d’un cerveau moyennement aménagé, mais surtout d’un gouffre ou s’accumule les petits soldats de l’esprit de contradiction.

Il y a de cela six mois j’avais une discussion autour de « Images du Futur » avec un M.M. (indice c’est le patron de Laudanum et il prépare actuellement un album pour 2014 (o ;). Je faisais part à celui ci de mon impossibilité à apprécier ce disque, étant dans l’incapacité de transcender ce que j’entendais pour en faire une onde de choc sur ma peau elle révélatrice de ma perception. C’est alors qu’il me dira, n’insiste pas, si cela ne passe pas cela ne passera jamais, mais pour lui ce disque devait être à l’évidence une des perles de 2013. C’est là qu’entra en jeu deux mois plus tard mon armée qui escaladera non sans peine le gouffre, l’esprit de contradiction pouvait voir le jour. Celui ci m’incita à remettre le disque, l’écouter à nouveau qui à replonger définitivement dans le gouffre, ne comprenant définitivement pas pourquoi cette musique, au premier abord proche de mes gouts pouvait m’échapper.

Et comme un miracle, le disque en son entier a résonné en moi, comme si les écoutes précédentes avaient été une mauvaise blague faite par mon entourage avec un faux disque de Suuns. Dés « Power of Ten » me voilà projeté dans des strates qui distendent le temps, accueilli par un chanteur aux mâchoires attachées entre elle. Avec « 2020 » le chante est plus souple presque annonciateur d’une musique presque dansante, comme si Massive Attack avait abusé de substances moins noires pour Meazzanine, mais tout aussi plombantes sur la longueur. Et les titres de s’enchainer, tous jouant à nous faire peur tout en nous promenant dans une forme de cold wave destroy, comme Basquiat tentant de reproduire une peinture flamande. Il faudra arriver à « Edie’s dream » pour sentir un changement de cap. Le titre est plus direct, mais superbement pollué par des virages incessants et enivrants. Puis « Sunspot » un titre à sonner la mort de Radiohead. Aucun maniérisme dans ce titre, un mélange électronique et électrique prodigieux qui invente de nouveaux codes, découpant un morceau comme on n’avait jamais osé le faire. Avec ce titre je finissais de réparer ce qui s’avérerait une erreur de timing, « Images du Futur » pouvait resté dans ma discothèque. « Bambi » électrique et électrisant, la ballade électro folk « Holocene City », le terrifiant « Images du Futur » et « Music Won’t Save You » et son constat qui ne ravira pas les drogués de la musique (un titre à rapprocher du cinéma de Lynch), ce derniers titres entameront cette fierté qui parfois peu nous empêcher de changer d’avis.

Alors oui M.M. avait raison ce disque est fantastique, et il mérite soit un passage chez l’orl ou une écoute supplémentaire, à moins que vous, vous soyez tombé rapidement dingue de ce disque. Pour le coup je n’ai PAS à vous envier, car à l’heur qu’il est vous êtes probablement passé à autre chose, alors que moi, Suuns je ne cesse de le serrer contre mes oreilles comme un être cher, nous donnant cette frousse à postériori d’être passé, ou d’avait failli perdre quelque chose d’immense.




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