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Parfois, en vieillissant, le fanatique de rock adore se replier sur des groupes issus de sa propre génération ou bien sur des icônes liées à l’adolescence. Jusqu’à dénigrer des jeunes formations sous le prétexte qu’un môme de vingt piges n’apprendra rien à un briscard de trente ou quarante balais. Jusqu’à entonner le sempiternel refrain « ouais, cette musique, je l’écoutais déjà avant même que ce groupe n’apprenne à tenir un instrument ». Dans ces moments-là, admettons que le fanatique de rock devient un peu con. Dommage pour lui : il passera à côté d’explosions soniques telles qu’aujourd’hui proposées par les parisiens de Pain Dimension.

Thibault Cuzol et sa bande : pas encore vingt ans mais une assurance, une morgue, une énergie qui laissent pantois. Ce n’est qu’un trois titres, certes, mais il y a matière à s’exciter. « Brainwash EP » : du garage violent, insoumis, crade, dans une évidente lignée stoogienne. Un rock qui hurle probablement quelques saloperies quotidiennes (on ne sait pas : Thibault se donne tellement à fond dans les vocaux – à la Iggy Pop – que l’on ne comprend pas toutes les paroles – du reste, qu’importe le sens des mots lorsque l’honnêteté se ressent). Un rock gorgé de fuzz et de distos. Un rock qui refuse la citation mais puise dans la tradition pour exprimer des idées et une vision personnelle, intime.

Guitares façon Ron Asheton, chant écorché, rythmique lourde et menaçante, Pain Dimension nous renvoie à ces nombreuses heures collégiennes à décortiquer méticuleusement des albums tels que « Fun House » et « Raw Power ».




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