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Hoyem souffle un vent glacial dans son chant, et sans besoin d’énormes orchestre le portant comme roi sur son trône, il étend son chant sur les engelures d’une Norvège qui vient d’enterrer l’ami de toujours, et son chant nomme chaque douleur et chaque plaisir par son nom, afin de faire eternel, l’amour. Hoyem au sein de Madrugada était une voix personnelle, puissante, nerveuse, Hoyem en solo, est un cœur qui saigne. Il n’est donné qu’a peu de savoir entendre un cœur chanter, et parfois cela est cruel, ce n’est pas toujours beau ni violent, ce n’est pas toujours chaud, ce n’est pas toujours irritant, c’est toujours, grandiose. Dans son deuxième opus en solitaire, Hoyem a défini ses mots, à peser les phrases, et à donner a sa voix l’effet d’une larme au bord d’un œil.

Ce n’est pas là un exercice de style sur le lugubre et sombre, c’est un moment de l’âme choppé au passage d’un sens inconnu, l’empathie de soi même, le savoir du mal, la connaissance des troubles. Hoyem va, armé de cette voix profonde jonchée de graviers de cimetière, affronté une fois et une autre, le micro psychanalyste dans des blues crus, des requiem épiques, belliqueux, au sinistre puissant mais contrôlé dans des rythmes de marches forcées. Et sa longue figure au crane luisant est la seule lumière possible dans cette atmosphère où la tristesse se découvre comme médicine, ou le chant devient asile mental, ou le rock devient chair, avec toutes ses plaies, avec toute son attirance. Et quand s’accélère le rythme, le cortège funèbre n’est plus qu’une locomotive sans but ni départ, griffant les planisphères des émotions, en rocks cashiens, en ballades qui vous déshabillent les nerfs.

Et tout ce cheminement, cette croisade jusqu’au pardon, mêle graisse de vidanges et nectars d’orchidées dans des swings post. Mortem où s’énervent les pieds de Nick Cave et Lou Reed, ou bégayent les mots de Cohen, où s’enivrent les déchéances en joies inattendues. Hoyem use et abuse des sensations qui hantent sa gorge, raclent ses cordes vocales possédées par les démons de l’esprit et prennent feu aux anges, car il y a une attirance étrange dans ce chant, un iman invisible pour les anges déjà presque déchus, une envie irrésistible de sombrer dans les fjords d’où naquit son don, une irréversible nécessité d’unir nos peines au va et vient de ses harmonies brutes, ou d’unir nos joies dans des transes qu’un Mississipi caniculaire adopterai comme B.O. pour Halloween, il y a en Hoyem l’embryon de nous, le futur fils de nos diables, l’œuf probable de certains vices et pécher, l’enchantement des chutes, l’amour des plaintes, et, tel l’alcool, la promesse d’une possible amnésie des enfers.




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