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Il est devenu rare de se faire happer par un disque de post rock. Quasiment plus rien ne nous bouleverse dans cette musique qui est devenue d’un convenu et d’un formalisme tel que les nouveaux acteurs de cette scène pourraient sans peine postuler au concours du gendre idéal.

Je ne vais pas vous énumérer la longue liste des bégaiement de cette musique, cela serait comme une injure à votre culture que je devine pléthorique sur le sujet, car oui toi lecteur si à moi on peut encore me la faire, car ma naïveté est une denrée rare dans le microcosme de la chronique amateur, toi je sais que l’on te t’attrape pas avec du vinaigre, et qu’il en faut pour que tu daignes donner de ton temps à l’écoute d’un disque qui au pire te fera regretter la perte de temps entrainant une malédiction sur la tête du chroniqueur, au mieux entrainera un achat qui pourrait révolutionner non pas ta vision de la musique, mais ta relation si particulière avec ton banquier.

Alors figures toi lecteur, que le disque que je te présente là est un live. Oui tu sais cette façon économique d’enregistrer de la musique et surtout de la vendre. Déjà cela part mal, mais entre nous, les rares applaudissements qui ponctuent les morceaux sont probablement le seul signe tangible et indéfectible (tu as vu lecteur je tente de bien parler, mais ce n’est pas gagné) que du public était là. Ensuite, tu vas voir tu n’es pas au bout de tes surprises, le groupe que je te présente vient de Serbie, oui cette sympathique ancienne république de Yougoslavie. Je ne sais pas si le post rock a une scène vivante là bas aujourd’hui mais en 2004 il y avait au moins Ana Never. Car c’est la dernière surprise l’enregistrement date de 2004, année de mon mariage, mais cela lecteur, tu t’en cognes.

La dernière surprise c’est que jamais je n’ai eu envie de zapper, avancer les morceaux distendus, ou carrément faire du disque une arme anti moustique suffisamment taillée pour couper une famille complète de ses insectes ennemis de mes nuits sous la tente, ou sur celle ci quand on ne retrouve pas l’entrée. Car Ana Never est un maitre du suspens et un ennemi de Colombo, l’homme qui oubliait de regarder le début de sa propre série pour éviter des trous dans la couche d’ozone à force de ballade dans une voiture polluante. Non Ana Never c’est un ovni dans cette scène, une façon presque instinctive et animal d’aller à la chasse à l’émotion, à la surprise sans jamais la provoquer par des artifices que même un enfant sourd devinerait avec les vibrations.

Ana Never c’était un soir en 2004, et c’est dix ans plus tard que nous avons le loisir, la chance de le découvrir. Il n’est jamais trop tard quand le bonheur et l’émotion sont au rendez vous.




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