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  • 4 mars 2008 /
    Dom Duff
    “Lagan”

    rédigé par Will
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Dom Duff propose sur cet album une musique fortement ancrée dans sa Bretagne natale. Celle-ci même sonorités typiquement locales, au doux parfum world, dans un esprit rock, Dom gardant l’énergie de celui-ci pour élaborer de superbes morceaux de folk breton. Il a crée le Pagan Group, groupe à géométrie variable et qui a pour particularité d’inclure une belle collection d’instruments très divers. Ainsi, on trouve dans ce collectif bombarde, biniou, saxo koad, bodhran, gaida etc..., le panel instrumental contribuant grandement à la richesse de la musique entendue sur ce disque et sur scène. Cet album est donc le prolongement direct, après " Straed ad amann " et deux albums avec Diwall, groupe de fest-noz, de ce que Dom pratique et affectionne, et surprend par son côté personnel et abouti, hors-normes. Le chant en breton, mélancolique, nerveux lors des élans rock, est d’une grande beauté et transposte l’auditeur vers la côte nord du Finistère dont l’artiste est originaire, tandis que l’instrumentation varie au gré des humeurs de ce poète chanteur. Ca commence avec " Son faro ", superbe chanson folk qui rappelle…New Model Army avec cette acoustique tendue, celle ci se faisant plus délicate sur " Miz du ", autre morceau folk habité et captivant, avant de reprendre sur un ton plus rock, plus endiablé, sur " Kig ha farz ", entraîné par une batterie rock sur instrumentation vivace, ce qui fait qu’en trois morceaux, on peut déjà percevoir l’éclectisme et l’ingéniosité des morceaux de Dom, et qu’on se trouve déjà en présence d’un disque qui accroche et retient l’attention. " Hei ! Soner " revient à ces sonorités acoustiques apaisées, et se trouve enjolivé par la voix de Julie Murphy, dont la voix " colorie " d’ailleurs une bonne moitié des titres de " Lagan ", puis " Job all lonker " est plus sec dans le chant et privilégie les sons bretons qui évoquent l’orient, perpétuant le voyage à la fois géographique, spirituel et musical initié par ce disque. Arrive ensuite un " Kenatchao " sobre et dépouillé, de tradition typiquement bretonne, au refrain qui s’incruste dans le cerveau, puis " Marc’h azur " dans la même lignée, en toutefois plus étoffé dans ses sonorités et qui se termine façon rock. " Pagan camp " réinstaure une certaine sobriété, même si l’on sent derrière cette apparente sérénité une tension, un climat orageux, présent également sur le morceau suivant, " Kertrouz ", aux guitares acoustiques menaçantes et bénéficiant de la voix de Nolwenn Korbel, chuchotée et d’un apport non-négligeable sur ce nouveau morceau abouti, à l’image de ce qui précède. Il nous reste alors trois morceau pour achever ce périple captivant, et c’est " E penn ar skaon " qui introduit cette trilogie finale dans une certaine sérénité, laissant ensuite place à " An nor c’hlaz " qui s’agite quelque peu, chant exalté et trame sonore plus sèche, sans toutefois vraiment décoller, doté de ces sonorités acoustiques véritablement prenantes et de cette atmosphère " bretonisante " qui fait la force et l’identité de ce disque. Disque qui s’achève sur un " ’Tra da lavar " apaisé et qui confirme la grande valeur et la personnalité, la richesse et l’identité marquée de cet album précieux, merveilleux voyage dans les recoins de cette belle Bretagne. A découvrir sans tarder, un album qui, outre le fait qu’il dépayse, propose autre chose et au total, passionne et envoûte.




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