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« Entre dans ma demeure » … Ainsi pourrait se résumer l’univers musical de Xavier Plumas. On y entre, on s’y installe, émerveillé d’abord par la beauté formelle des pièces. La décoration minimaliste, boisée. Un charme insidieux, qui ensorcelle peu à peu. Entraîne avec délicatesse dans une succession de murmures, de frottements, de caresses auditives. Mais au-delà de la douceur entraînante, il y a les paroles, cette poésie rare qui, enlacée à la musique, séduit et renverse de la plus belle des manières. Avec pudeur. Discrétion mais profondeur. Elle s’impose sans pousser les murs. Égrenant les morceaux comme autant de manifeste à la lenteur, pourtant traversée de soubresauts, d’ajouts nerveux. On sent les chevaux tout prêts à s’échapper, les titres capables de s’envoler. Même si la mesure reste le lien, ce qui unit l’ensemble. Le calme qui règne dans cette demeure lui confère un magnétisme particulier. Le sentiment de capter des fragments d’intimité, que l’on fait siens.

Une âme effarouchée mais vers la sérénité, quand bien même derrière les voiles d’une transparence remarquable, pointe la tristesse. Une « aube déchirée, un horizon tiraillé » qui attirent et plongent dans un état mélancolique. On peut s’agenouiller devant ces paysages musicaux, faits de silences et de notes pures… Ces textes bouleversants, « c’est là que je veux terminer » … qui arrachent des larmes, toujours discrètes, les plus précieuses. « La nuit dépose son drap blanc » … Des textes qu’il faut honorer, chérir, porté par les mélodies délicatement ciselées. L’on voit, devine, aussi la mort planer. Le sang couler. Où l’on écrit sa propre interprétation, son propre vécu … « Un incendie » est tout simplement belle à mourir. Quand, après s’être défait du bruit et de la guerre ouverte, on accepte d’entrer en résistance sonore et poétique, celle proposée par Xavier Plumas.




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