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Noel Gallagher, on l’aime bien. Pour ses hilarantes déclarations, pour sa prétention qui n’en est pas vraiment (de Morrissey à Ian McCulloch, on connaît par cœur cet humour british, cette vantardise teintée de sourires amusés – les anglais appelle cela « le naturel » ; les français, eux, préfèrent parler de « grosse frime »). Et puis, tout de même, on doit à Noel deux grandes chansons pas loin de l’intemporalité : « Supersonic » et, en priorité, le toujours aussi classieux « Live Forever ». Déjà pas mal pour un guitariste ayant allégrement pillé l’héritage Beatles et dont les textes ne dépassèrent jamais le stade de la couillonnade (on attend encore de savoir ce qu’est un « Champagne Supernova ») ou de l’écriture aléatoire dictée sous coke.

Noel Gallagher est cultivé, pas mauvais guitariste, sympathique chanteur aux vocalises très limitées… Noel est également un mec lucide. À la question « comment jugez-vous votre carrière ? », celui-ci répondrait certainement : « j’ai écris deux chefs-d’œuvre, trois bonnes chansons et un paquet de merdes ». Le problème de Noel ? Son talent ne tient qu’en deux chansons (paumées sur un premier album bizarrement estampillé « classique »). Car pendant que la fratrie Gallagher se transformait en U2 des 90’s (souvenez-vous : « le plus grand groupe du monde » dixit la presse hebdomadaire et Noel himself), l’inspiration, dans le meilleur des cas, n’accouchait que d’un ersatz amusant des Stones Roses (« She’s Electric »).

Noel Gallagher est un mec cool dont-on aimerait aimer les récentes tentatives solos. Pendant que le cadet s’égosille (façon Johnny Rotten pour bals populaires) dans un rock Pampers ravagé par la prétention d’Andy Bell (un Ride en rade), le « grand frère » reste cramponner à cette idée d’universalité, de chansons au-delà des hommes et des dieux.

Noel Gallagher possède la sincérité de l’ambition. Sauf que son terrain de chasse ne dépasse guère les 70’s (Led Zeppelin, en gros), parfois accouplées à l’écoute assidue de classiques signés Pale Fountains / La’s. Le premier album des High Flying Birds échappait à l’attendue bérézina car misant plutôt sur le songwriting que sur le concours de biceps (entendons-nous bien : du songwriting à la Gallagher ; autrement-dit des grumeaux Lennon passés au shaker Richards). Avec « Chasing Yesterday », les oiseaux volent bas (le plomb dans l’aile, sans doute)…

Dénué de la moindre mélodie plus ou moins digne, ce deuxième cadeau de Noel est une enfilade de riffs vulgos (on peut jouer sur une Les Paul et une Fender Telecaster et n’en tirer que du vide, du flou, un truc approximatif – c’est rare mais ça arrive), de tentatives foireuses (un titre façon Anton Newcombe qui ressemble finalement bien plus à du Yes qu’au BJM), avec du saxophone ( !?!?) pour certainement vouloir sonner à la Michael Head… Ben là, Noel, t’es vraiment dans le désert.

Mister Gallagher, tel le Johnny Marr du catastrophique « Playland » (comme par hasard), retourne à un rock aussi régressif que démonstratif possédant trois décennies de retard sur l’actualité (Noel est-il au courant qu’il existe aujourd’hui des formations nommées, au hasard, Peter Kernel, The White Birch et Twerps ?). Pour le coup, pas vraiment de la neige en février : Noel sent le sapin.




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