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À l’occasion de la sortie « Griffith Park EP », nous avons posé quelques questions à Marc Desse. L’idée étant de revenir sur la précédente année du musicien, suite à l’accueil chaleureux adressé à son déjà culte « Nuit Noire »…

ADA : Te souviens-tu de ce concert donné au « Badaboum », le 18 juin dernier ? Une ambiance intimiste flottait dans le public… C’était, à mon sens, un concert d’autant plus important que « Nuit Noire » venait tout juste de sortir ; et le public ne connaissait pas encore très bien tes nouvelles orientations musicales…

Oui bien sûr ! C’est vrai que c’était spécial comme moment : je présentais enfin ces nouvelles chansons, le public était attentif et curieux. C’était aussi le dernier concert avec l’ancienne formation (les musiciens ont changé peu de temps après). Je sentais qu’une page se tournait...

ADA : Autre moment j’imagine assez marquant pour toi : la première partie d’Etienne Daho pour sa tournée « Diskönoir Tour ». Quelles sensations en conserves-tu aujourd’hui ? Que représentait la musique d’Etienne Daho avant de le rencontrer ?

J’en garde un très bon souvenir ! Etienne Daho est un artiste de grande classe que j’admire. La salle était déjà remplie à ras bord lorsque nous sommes arrivés sur scène. Il nous a rappelés pour l’ovation du public à la fin de son concert. C’était un moment assez magique, d’autant que ses chansons m’ont marqué depuis mon adolescence.

ADA : Une autre belle rencontre au cours de ces derniers mois : Hedi Slimane, qui t’a photographié pour les « Paris Sessions » de Saint Laurent et qui s’occupe aujourd’hui de la pochette de « Griffith Park EP ». Comment en êtes-vous venus à collaborer ensemble ?

Cela fait un an que j’assiste aux défilés Saint Laurent et que je suis ébloui à chaque fois par son talent. C’est comme ça que nous avons eu l’occasion de nous rencontrer après chaque défilé. Puis Saint Laurent m’a proposé d’aller à Los Angeles pour le shooting « Paris Session » avec d’autres groupes français. J’ai passé quelques journées incroyables là-bas. Une des photos qu’il avait prises me plaisait beaucoup et il me l’a donnée pour la pochette de l’EP « Griffith Park ». Une chanson que j’ai écrite suite à ce séjour californien.

ADA : Depuis la sortie de « Nuit Noire » et son excellente réception critique et publique, tu as enchaîné un grand nombre de dates. Quel est maintenant ton rapport à la scène ? Comment tes fans originels (ceux de « Video Club ») réagirent-ils à l’optique rock de tes dernières compos ?

Je ne sais pas vraiment... Je pense que beaucoup de gens ne connaissent pas mes débuts. Une chanson comme « Video Club » pour moi est en quelque sorte une prémisse de l’album « Nuit Noire ».

ADA : Les derniers mois furent aussi gratifiants qu’intenses pour toi (concerts, rencontres)… Y a-t-il un moment précis, une soirée, t’ayant particulièrement marqué ?

Je pense à cette soirée après un défilé Saint Laurent où avec mon ami François Marry nous avons fait une jam à l’after show avec les Franz Ferdinand. Ça pogotait dans tous les sens, je jouais de la basse et je me suis fais un torticolis en faisant du headbanging. Mémorable... Ha ha !

ADA : Tu sors aujourd’hui un nouvel EP, « Griffith Park ». Outre des titres issus de « Nuit Noire » et deux remix, on y trouve l’inédit éponyme. Plus long et atmosphérique, ce titre est-il pour toi une parfaite transition entre les morceaux de « Nuit Noire » et tes actuelles envies musicales ? De même, peux-tu me parler de ton travail, sur cette chanson, avec le batteur David Graw ?

Cet EP partait d’une envie de redorer certaines chansons de l’album « Nuit Noire ». Pour cela j’ai collaboré étroitement avec Gaël Etienne qui a réalisé cet EP (c’est également lui qui a fait le remix de « Chanson pour Olive »). Je ne pense pas que « Griffith Park » soit représentative de ce qui va venir après, je dirais plutôt que c’est une conclusion de l’album. J’ai enregistré ce morceau lors d’un voyage à Détroit en 2014 avec David Graw et Erik Maluchnik au studio Tempermill puis je l’ai finalisé à Paris avec Gaël. C’est un peu comme si j’avais capturé un peu de l’essence de Détroit et que je l’avais mélangé avec celle de Los Angeles. David n’y est pas pour rien dans mon virage plus Rock, je pense que c’était quelque chose qui était en moi et qu’il a fait ressortir. Je pense aussi au son qu’apporte Erik au mixage qui donne une couleur différente à mes morceaux par rapport à ce qui se fait ici.

ADA : Restes-tu connecté à l’actualité musicale ? As-tu des récents coups de cœur ou bien des disques t’ayant particulièrement touché au cours de ces dix derniers mois ?

J’adore le dernier album d’Ariel Pink. J’ai eu la chance de le voir en concert à Los Angeles, il est arrivé sur scène habillé en cosmonaute ! C’était un concert inoubliable.

ADA : Aline va bientôt sortir son attendu deuxième album, « La Vie Électrique ». Vous voyez-vous encore, avec Romain ?

Bien sûr, dès qu’il est à Paris on s’appelle ! Ce sont de bons amis.

Merci à Julie Morel & Marc Desse

Photos : Music Project Yves Saint Laurent by Hedi Slimane Official



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