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Il déconne le cd. Encore une version promo mal gravée, et après ils vont se plaindre que nous ne parlons pas de leurs disques.

Mais c’est une voix que l’on entend derrière ce blip que même mon chien mélomane (songez que ce chien hurle à la mort à la moindre note de musique de Vianney, il a donc une bonne oreille) n’a pas supporté, emportant avec précipitation une pile de disques à même le sol. Cette voix c’est celle de Mitski Miyawaki, qui là serait comme la réminiscence d’une chanteuse des années 50 dans une comédie musicale en noir et blanc (Happy).

Passé le choc sonique, sorte d’amuse gueule elle n’aura de cesse que de nous épater, de transcender certaine musique, nous plongeant à la fois dans des moments de douce euphorie contrôlée à des abimes de mélancolie collante (Crack Baby comme un Portishead qui se sait mortel).

Du haut de ces 25 ans, la jeune Mitski en est déjà à son quatrième album, qui pourrait bien être l’un des sommets de cette année pluvieuse. Creusant la thématique de l’amour dans ses différentes façons de l’aborder de le connaître, Mitski ne fait pas ses voyages intérieurs pour rien, accompagnant ses recherches presque philosophiques par des recherches sonores épatantes.

Comme incapable de confort elle n’aura de cesse de chercher l’inconfort pour au final le rendre confortable. Elle pourra utiliser des cuivres comme une moustache sur la Joconde, se mettant comme des bâtons dans les roues avec comme volonté d’avancer avec ce caillou dans la chaussure pour présenter la chanson la plus parfaite possible. Mitski a probablement écouté beaucoup d’indie rock (impossible d’écrire un titre comme "Dan The Dancer" sans avoir au moins une compilation Geffen ou Sub Pop à la maison, ou bien « Your best American Girl » sans connaitre son petit Weezer par cœur). Mais avec cette période bénie par votre serviteur, Mitski fait autre chose, surpasse le modèle, évitant la caricature, en le poussant non pas à l’extrême, mais en lui proposant de se montrer plus ambitieuse. Sur un titre à la cravache comme « My body’s Made of Crushed Little Styars », Brenda Khan aurait laissé aux franges de son short en jean le rôle d’accompagnatrices, Mitski elle en fait une rencontre pluri culturel, envoyant les codes dans des malles en partance pour des archives poussiéreuses.

Ce disque d’une diversité incroyable se tient avec une cohérence rare (les chansons comme « A Burning Hill » frôlent la perfection), et c’est peut-être là qu’il faut chercher le miracle, car ce disque en est un. Il désorientera les moins téméraires et ravira les chercheurs en musique complexe, mais docile. Il parle beaucoup de la vie de papillon du bonheur, de son côté éphémère, mais il est à lui à contre-courant de cette idée, le bonheur sans fin. Il est temps pour moi de rappeler mon chien, de lui faire écouter peut être l’une des plus belles chansons de l’année « I Bet on Losing Dogs ». Subjuguant.




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