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La formule The Pirouettes est aussi rétrograde qu’alléchante : des sonorités électro-pop totalement vintage, un duo masculin / féminin, des textes (gentiment) quotidiens. Le natif 80’s évoquera (avec légitimité) Elli & Jacno, le Depeche Mode de Speak & Spell, l’Etienne Daho de La Notte La Notte, voire les premiers Taxi Girl (le soufre en moins). Très bien.

Impossible de contester l’insouciance unissant la paire (Leo Beer Creek et Vickie Chérie), donc une certaine forme de sincérité. Il y a dans ce premier album la volonté de saisir un quotidien éphémère, des petits moments de vie sans intérêt, le non-événementiel dans toute sa splendeur. Écrire et composer sur le futile et l’évanescent peut malheureusement se retourner contre les concepteurs : quand le fond irrigue la forme, quand la désuétude romantico-ado vire à la joliesse sans fêlure. Carrément, Carrément est un album qui passe mais n’agrippe rien. Le réel tant recherché reste flou, pas très limpide (une référence à Facebook, bien pire, condamne le disque à vieillir prématurément). The Pirouettes vit dans une petite bulle dénuée d’accroches avec le présent. Les thématiques proposées prônent la naïveté (et pourquoi pas ?), mais le venin insidieux ici disposé dans les contours (et qui ne sert qu’à surligner cette idée de fausse innocence) s’affirme volontaire, très appuyé (l’auditeur voit les ficelles). Les membres de The Pirouettes sont de trop belles personnes (au sens : bonté humaine) pour faire croire en un quelconque vice caché.

Quid des sonorités électro-pop ? Du bon boulot, efficace mais vain. En 2016, notre nostalgie atteint probablement une limite définitive. Dommage pour The Pirouettes, un duo honnête et bosseur, une formation que nous aurions adorée… en 2001 ?




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