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Il se sentait d’humeur aventureuse, prêt à tout, en slip sur ses draps chauds. Le soleil avait allumé des centaines de lignes d’or dans les remous de l’aquarium posé sur la commode. Un couple de poissons rouges constamment ébahis se faisaient la cour au milieu d’un concerto de bulles fraîches et pétillantes. Tout en arrachant la serviette molle de sa patère, il saute dans sa baignoire et savonne les restes de sommeil accrochés à sa peau, sifflotant au rythme des frictions. Quelques minutes plus tard, le voilà penché sur une poêle élimée, gorgée d’oeufs grésillants. Il gobe son petit déjeuner en vitesse, enfile une veste légère et s’élance à l’extérieur. Aux abords d’un parc gavé d’enfants joueurs, il croise le regard d’une jolie fille en chemisier jaune citron. Deux grands yeux noisette le détaillent avec curiosité, le faisant déglutir. Nerveux, il fourre ses doigts dans sa tignasse et détourne le regard. Lorsqu’elle le frôle, ses narines détectent une odeur inhabituelle, subtilement triste et vanillée, son coeur s’enivre en un battement. L’innocence avec laquelle il la regarde tourner au coin de la rue semble avoir été capturée par les trois membres du groupe.

Les chansons qui composent Up to Anything semblent contenir assez de fraîcheur et de naïveté pour conquérir un empire d’ombres aigries ou fatiguées. Les paroles, d’une simplicité adolescente, se marient à la perfection aux pérégrinations subtiles des instruments. Les cordes sont grattées avec amour et déférence, la batterie caressée vigoureusement comme lors d’un premier flirt. Plonger dans cet album revient à vivre 40 minutes dans la peau d’un ado rêveur et attachant, parfois lucide ou déprimé ( Sometimes Accidentally , Telephone ), un retour en arrière agréable aux abords de ce parc et de cette rencontre fugace qui marque les balbutiements d’un amour de l’autre, tout en musique.




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