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Les parisiens de Jean Jean sont avant tout des rigolos, des musiciens à la grande âme d’enfant généreuse et touche-à-tout, qui ont pour seuls mots d’ordre le plaisir, la curiosité, le partage.

Dans leur cas, la curiosité se traduira par du tabassage en règle par moments, avec la toute classe de certains cinglés du Math Rock (on pense à And So I Watch You From Afar, ou encore plus fort aux français de la Colonie de Vacances), à renfort de synthés survitaminés, de guitares fuzzés comme pas deux, tout en conservant toujours un sens certain de la mélodie instantanée, qui fait battre du pied dès la première écoute, comme une genre de « musique de l’espace pour fantômes dansants » (on m’a soufflé cette comparaison, elle était si parfaite que je ne pouvais que la reprendre). Dès Konichiwa, l’ouverture de l’album, on débarque sur ces grandes montagnes russes instrumentales joyeuses et bordéliques, sans couplets ni refrains, et c’est sans surprise qu’on constate que Jean² est signé chez Head Records, label réputé pour des sorties Math Rock de groupes comme Pneu ou Marvin.

Pourtant, contrairement à l’énervement bruitiste d’un Pneu, Jean Jean cherche toujours la caresse de l’oreille dans ses explorations rythmiques : de grandes nappes chaleureuses de synthés qui viennent enrober l’auditeur dans les passages plus calmes, éthérés, ou viennent adoucir les pointes les plus acérées de cette Froidepierre (les longues plaintes en chant de baleine d’Event Horizon), les soudains calmes de la batterie après un passage forcené (le premier répit d’Anada), et une production finalement très chaleureuse.

Bref, Jean Jean avec Froidepierre prouve leur capacité à faire de très bons morceaux originaux, jamais à rebrousse-poil, sans jamais se prendre au sérieux (en témoigne le teaser partagé sur leur page Facebook parodiant les teasers parodiques de superproductions américaines), lorgnant sans vergogne autant du côté Post Rock que du côté Math Rock, pour parvenir à toujours être efficace en dépit des voies escarpées qu’ils empruntent.

Seul bémol, on aura parfois l’impression d’entendre toujours le même morceau, ce qui est cependant loin d’être rébarbatif sur le format court de l’album, et certainement pas rédhibitoire en concert, où la belle spontanéité de l’album ferait taire tout reproche qu’on souhaiterait faire.




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