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  • 27 février 2019 /
    Patti Smith
    “Ghost dance, in Easter, 1978”

    rédigé par Do Marshall
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Je pars à la redécouverte des titres qui m’accompagnent depuis toujours.

Ce titre de Patti Smith est sorti en 1978, un an avant ma naissance, et a été enregistré en 1977. Sur la pochette, Patti Smith lève les bras, comme si elle remettait en place sa chevelure brune qui tombe sur ses épaules et son dos un peu en vrac. Elle n’a pas de soutien-gorge et porte un débardeur couleur chair, à l’envers, les bras sont fins et musclés. J’ai toujours été intriguée par ce collier porté en bandoulière. Comme si elle portait sa féminité en bandoulière, comme un fusil. Le photographe est d’ailleurs une femme, Lynn Goldsmith (https://lynngoldsmith.com/wordpress/), une artiste qui a tiré le portrait de toutes les plus grandes stars de la pop culture américaine. Et plusieurs fois de Patti Smith.

La photo de couverture de Easter a fait parler et fait encore parler d’elle (et aussi ricanner les idiots un peu gênée par toute la liberté qui y est représentée) parce qu’on y voit quelques poils sous le bras gauche de Patti Smith. Des médaillons autour du cou, un bracelet, des bagues, une touche de rose, la lèvre brillante, Elle a la tête baissée mais n’a pas besoin de nous affronter les yeux dans les yeux : c’est son troisième album, il ne contient QUE des tubes. Sur cette pochette, Patti Smith est une femme droite et solide, dans une époque agitée (mais quelle époque ne l’est pas ?), alors que les années 80 et ultra pop s’approchent. L’heure du bling bling va bientôt sonner.

Nous ne sommes que quatre ans avant Material Girl de Madonna : le résumé d’une époque.

Ghost dance, aujourd’hui, ne pourrait peut-être plus être écrite, pour cause de soupçon de récupération culturelle, ce qui se comprendrait parfaitement. A cette époque, c’était plutôt une forme de remerciement que la chanteuse adressait à la Terre, à ses premiers habitants et à leurs Dieux. Patti Smith prend la parole, sur un rythme folk et inspiré de la culture des Amérindiens (ou natifs américains) des plaines, ainsi qu’elle l’explique dans elle-même dans le livret du disque, une danse mystique et poétique. Qui appelle les morts à travers la danse, à l’union et à la communion. «  Here then is offered the neo-ghost dance didacted to the union ; the communion of the future setting the space for the year to come -1979- the year of the child ». « 1979, l’année de l’enfant ». Je n’avais jamais lu, je l’admets bien volontiers, jusqu’au bout, ce petit texte. Mon anglais est mauvais. Je l’avais survolé. C’est amusant que pour cette première chronique, qui a l’ambition de ressusciter les morceaux qui me bercent depuis l’enfance, mais sans nostalgie, et alors que je viens de fêter mes 40 ans, je choisisse ce titre, finalement très actuel, qui n’a pas pris une ride.

Patti Smith non plus n’a pas pris une ride. Elle a tenu le cap. Elle est d’une impressionnante présence sur scène. Accueillant ses fans-adeptes lors d’une messe hippie et rock. De toutes façons, quoi qu’il lui arrive, à elle et à tous ses copains artistes du New York des années, they « should live again ».




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