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Et si Bertrand Belin arrêtait de chanter comme Rodolphe Burger ? Et si Isabelle Mayereau avait utilisé une boîte à rythme Roland TR-66 Rhythm Arranger (born in Japan in 1973) ?

Le lyrisme est vite mis à distance par les chansons mates, chez Laura Cahen. Pas question de trop s’envoler, les pieds sur terre aussi, faut pas oublier. Ancrés dans la terre, oui. Les feuilles, l’humus. Et la grosse caisse sonne dans la poitrine, pour projeter cette voix de femme, qui parle d’être femme, en des mots qui chantent autant qu’ils racontent.

Des histoires affleurent, des réalités sans négociation possible, car aimer n’est pas une affaire.

Pour cela, les accords mineurs surgissent au moment où on ne s’y attend pas, mais ils restent ouverts, hauts et clairs. La mélancolie est celle des berceuses, préludes aux rêves, ces réalités délicieuses et décousues de nos inconscients.

Et quand les instruments s’éteignent les uns après les autres, comme les carrés jaunes des immeubles à partir de onze heures du soir, il reste quelque chose de Stina Nordenstam, lovée dans un synthé épais et seul (Nuit forêt). Quelques étranges écueils (La jetée, Brume électrique) rayent la coque de la nef et laissent l’auditeur interdit. Le cœur ne peut pas toujours dire oui, n’est-ce pas ?




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