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  • 27 mars 2022 /
    Rose Tiger
    “Act 1 - The Shallows” (Upton Park)

    rédigé par gdo
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À notre époque, tout semble devoir se " feuilletoniser". Nous n’avons pas attendu le succès de Netflix pour le savoir, le sport l’avait compris, le cinéma entama sa mue avec des fins qui laissaient la porte ouverte à une suite, la littérature de gare avait compris que vous ne prendriez pas le train par hasard. La musique n’a que rarement entamé ce genre de démarche, on se souviendra d’ailleurs du « Outside » de Bowie qui devait être le point de départ d’une histoire à décliner en plusieurs albums, avorté rapidement.

Cyprien Jacquet aka Wendy Killman avait dans un coin de sa tête, l’idée d’écrire un opéra rock, une fresque musicale qui ne reposerait pas sur une texture simple, ou sur la prouesse lyrique d’une chanteuse ou d’un chanteur. Cyprien, entouré d’Irène Gonzalez et Domi Hawken, fonda donc Rose Tiger, projet au long cours, qui prend sa source dans une pop anglaise émérite et classieuse, tout en s’encrant malgré tout dans la modernité (« Scarlet Eye » pourrait se faufiler sans peine dans le répertoire de Radiohead). Pour cet Act1 (le projet en comprendra trois.), Rose Tiger épate par la justesse des routes prises, ne vampirisant pas le passé pour uniquement s’en nourrir, amenant quelque chose de nouveau et de frais (« Abby’s Song » est la chanson qu’Arcade Fire ne saurait plus écrire.). Parfait jusque dans l’artwork du disque où chaque détail est pensé avant tout comme une œuvre d’art, ce premier EP de Rose Tiger frise la perfection (on se surprendra à chanter à plein poumon « Could Be a Fantasy »), fait resurgir chez nous des souvenirs enfouis sous l’ingratitude du temps (« Hypersonic » chanson possible d’un cow-boy perdu dans les rues de Londres), ou fera planer l’ombre d’un fantôme improbable (Elliott Smith sur « Scarlet Eye »).

Que l’attente va être longue d’ici la fin de l’année pour la suite, car Rose Tiger fait aussi resurgir par ce découpage, à la fois la frustration exacerbée par cette société de la rapidité absolue, mais aussi la jubilatoire attente détruite par les propositions à la demande. Rose Tiger ressuscite beaucoup de chose ici (un Glam Rock précieux), redonnant même vie à une envie d’écouter de la musique parfois éteinte sous la profusion. Éclatant.




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