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Mono est un de mes groupes de post-rock préférés, alors quand j’apprends que leur nouveau batteur (depuis 2018), Dahm Majuri Cipolla, a apporté sa pierre à l’édifice du nouvel (et quatrième) album des italiens de Oslo Tapes, je me dis miam miam, d’autant plus que Staring at the Sun before goin’ blind (quel titre !) a été produit par rien de moins qu’Amaury Cambuzat (Ulan Bator). Fondé à la suite d’un voyage en Norvège par Marco Campitelli, Oslo Tapes œuvre dans l’avant-garde depuis une dizaine d’années, faisant appel à une pléthore de collaborateurs, dont Mauro Spada (basse) et Davide Di Vigilio (batterie), mais également Sicker Man (violoncelle), Federico Sergente (percussions) et Nicola Giunta (aka Kaouenn, guitares, percussions et synthétiseurs). Au-delà d’un registre riche en références solides – la biographie d’Oslo Tapes évoque God Is An Astronaut, Neu !, Can, Porno For Pyros, Nine Inch Nails et Angel Of Light –, les huit compositions de Staring at the Sun before goin’ blind nous invitent à un trip intense qui, paradoxalement, démarre par le planant et mélodique Gravity, dont l’atmosphère rappelle le The Cure de la période mid-80s, entrelacs de guitares électriques et nappes réverbérées à l’appui. Ethereal Song, basé en sa longue introduction sur un riff noise répétitif typique des premiers Mogwai, se pare de rythmiques électroniques pointillistes qui s’alourdiront à coups de basse monolithique, le chant lancinant, au bord du murmure, servant de boussole à une composition brillamment déstructurée. Martiale et psychédélique, percussions tribales, contrepoints orientalisants et voix mantra, Deja Neu porte bien son nom, c’est du kraut 70s plongé dans un bain contemporain à la Fujiya & Miyagi, tandis que Reject Yr Regret convoque les esprits de Keith Moon et de John Zorn dans un tourbillon de beats et de stridences acharnées qui virent électro, et que Like a Metamorphosis, ligne de basse binaire et motifs de guitare folk, nous ramène vers des cieux plus apaisés, avant le mur du son de Middle Ground. C’est toute la force d’Oslo Tapes de bâtir des morceaux complexes, à l’instar d’un pont reliant deux rives disposant d’un biotope unique séparées par un bouillonnant fleuve sonique – en témoigne le génial et quasi-pop Somnambulist’s Daydream, qui démarre comme un lambada mutante avant de se parer de soieries sonores dignes de My Bloody Valentine. Staring at the Sun before goin’ blind (dont le morceau éponyme et conclusif suggère The Jesus and Mary Chain) est une excellente porte d’entrée à l’œuvre d’Oslo Tapes, et l’on ne peut que vous conseiller de remonter le fameux bouillonnant fleuve sonique figuré plus haut, vous ne serez pas déçus du voyage.




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