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La pochette du quatrième long format d’Okkervil River figure une main ouverte sortant de l’eau. Et à l’écoute de The Stage Names il fait peu de doutes qu’il s’agit d’une main bientôt mise. Sur le territoire aux frontières floues de l’indie-rock et probablement sur des espaces bien au-delà. Le succcesseur du déjà remarqué Black Sheep Boy (2005) ouvre d’ailleurs grand les fenêtres et suit les lignes de fuite americana, rock rugueux ou folk ardent qui s’offrent à sa perception. Quand Black Sheep Boy dessinait les traits noirs et intenses d’une gravure à la Dürer, The Stage Names entend s’exposer à la lumière. « Our Life Is Not A Movie Or Maybe » tire immédiatement l’auditeur par le col ; un temps les guitares se tapissent dans l’ombre du chant enfiévré de Will Sheff pour mieux surgir et exhorter la batterie à poursuivre une course haletante qui se prolonge sur « Unless It’s Kicks » où justement l’on entend un pied de grosse caisse des plus entêtants. « A Hand To Take Hold Of The Scene », ses choeurs presque bublegum et ses handclaps noceurs, élève vers la félicité. « Savannah Smiles » constituera évidemment la chanson du coucher favorite d’une petite fille à naître et « Plus Ones », « A Girl In Port », « You Can’t Hold The Hand Of A Rock And Roll Man » ou « Title Track », les vignettes sonores qui illustreront chacun des plans du film composé par ses amis à l’occasion de son mariage. « John Allyn Smith Sails » abandonne l’auditeur pentelant et rappelle que l’on tient avec Will Sheff un écrivain de talent (« And so I fly into the brightest winter sun of this frozen town. I’m stripped down to move on, my friends : I’m gone. »). Le titre emprunte d’ailleurs aux Beach Boys leur version de Sloop John B. Pas trace en revanche de leur Long Promised Road. C’est pourtant celle sur laquelle s’engage Okkervil River avec The Stage Names. Et elle conduit au succès.




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